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Pour vous indiquer quand prendre la photo parfaite, cet appareil envoie des décharges électriques

Plus besoin de talent ? Devenir photographe nécessitera seulement un peu d’électricité et une bonne intelligence artificielle pour faire totalement inconsciemment des images très standardisées.

© Peter Buczkowski

Il est plus facile de prendre une mauvaise photo qu’une bonne. Et malgré ce constat, l’étudiant Peter Buczkowski a voulu prouver qu’avec l’aide de la technologie et d’un peu d’électricité, on peut peut-être devenir un vrai photographe. Pari réussi ? On ne sait pas. En tout cas, cela nous semble bien douloureux.

Dans le cadre de son mémoire de recherche sur les "expérimentations concernant l’interaction humain-ordinateur à travers des stimulations électriques des parties du corps", Peter a bidouillé l’appareil Prosthetic Photographer, composé d’un boîtier contenant une carte Raspberry Pi, d’un appareil photo et d’une poignée.

D’un côté, le boîtier doté d’une intelligence artificielle analyse sans cesse les scènes et les vues que vous lui montrez à travers l’objectif de votre appareil photo. Grâce à sa mémoire dans laquelle se trouve un ensemble de photos de haute qualité détectées comme "belles et optimales", ce système détermine quand déclencher l’obturateur.

De l’autre, la poignée sert à vous envoyer des décharges électriques quand l’intelligence artificielle repère ce qu’elle considère comme la photo "parfaite". Comme son nom l’indique, cet appareil s’ajoute comme une prothèse "créative" qui ferait de vous un photographe (très) amateur et plutôt inconscient.

Capture d’écran dans la vidéo ci-dessous. (© Peter Buczkowski)

Avec cette stimulation, l’utilisateur prend la photo inconsciemment : l’appareil utilise un stimulateur nerveux transcutané relié aux électrodes de la poignée pour contracter les muscles de vos doigts, qui, sans que vous ne les contrôliez, vont presser la gâchette. L’ingénieur explique :

"Dans le boîtier, il y a un Raspberry Pi connecté à un module de caméra. Il exécute en permanence un script de classificateur d’images qui analyse l’image actuellement vue. Lorsque le classificateur obtient des résultats supérieurs à 95 % pour une image de haute qualité, il envoie un signal à l’unité d’électrodes connectée.

Ce réseau de neurones artificiels a été préalablement formé sur un ensemble de données constitué d’images étiquetées comme étant de haute ou de mauvaise qualité. […] L’Inception Model de Google, qui est un réseau de neurones spécialisé dans la classification des images, a été utilisé.

L’ensemble des données utilisées pour cette sélection d’images est appelé 'CUHKPQ' et se compose de 17 613 images, étiquetées dans des catégories d’images de haute et basse qualité. Une communauté de photographes a ensuite retrié cela à la main.

Le langage de programmation est Python. La bibliothèque logicielle qui a été principalement utilisée dans ce projet est TenserFlow."

Bien sûr, il est possible de régler l’intensité et la fréquence de l’électricité et cet appareil n’est pas dangereux pour la santé, bien que pas très agréable à utiliser, on vous le concède. Peter Buczkowski insiste sur le fait que cet objet "permet à quiconque de prendre de belles photos de manière involontaire".

© Peter Buczkowski

S’il est considéré comme une expérience scientifique, ce projet s’avère très intéressant, notamment parce qu’il transforme l’intention artistique en réaction physique qui se matérialise par une forme de douleur. Cela signifie qu’il ôte au photographe tout regard et parti pris artistique.

L’homme se fait bêtement guider par une machine, et répond par stimuli comme un être sans pensée. La machine utilise l’homme comme une interface. Et, pire encore, l’idée du beau et l’art se standardisent à cause de la technologie, en se passant de la vision et la sensibilité humaines.

C’est comme si le photographe était devenu la marionnette de la machine, le corps inhabité d’un cerveau technologique. Par ce conditionnement, l’homme ne sera jamais meilleur photographe que la machine et n’a aucune place pour laisser libre court à sa créativité. Black Mirror quoi.

© Peter Buczkowski

© Peter Buczkowski

Rédactrice en chef de Cheese et ex-Sorbonnarde, on ne m’a pas demandé si j’aimais le fromage avant d’arriver ici. Mais j'aime bien le fromage, donc tout va bien.