Les 1 001 visages de Marilyn Monroe à travers les portraits iconiques de Milton H. Greene

Les photos de Marilyn Monroe prises dans les années 1950 par le photographe américain Milton H. Greene font l’objet d’une exposition à Londres, jusqu’au 24 juin 2018.

Schenck House, 1953. (© Milton H. Greene / The Archives LLC / Iconic Images)

Versatile, Marilyn Monroe a toujours réussi à préserver sa vie intime et sa vulnérabilité en mettant sur le devant de la scène un personnage qu’elle se façonnait sur mesure, pour chaque occasion. Elle avait la capacité de contrôler son image et d’attirer l’attention du public ailleurs : à 21 ans, elle a changé son vrai nom, Norma Jeane Baker, pour Marilyn Monroe ; elle a coloré ses cheveux bruns de ce blond éclatant ; et s’est dessiné une mouche qui deviendra un symbole de la pop culture. Avec cette nouvelle identité, elle est devenue l’une des stars de cinéma hollywoodiennes les plus admirées et médiatisées, dans les années 1950. Et pourtant, elle semblait insaisissable et mystérieuse.

L’exposition "Up Close with Marilyn: Portraits by Milton H. Greene", à la galerie Proud Central de Londres, donne à voir les différents visages de l’actrice à travers des images rares issues des archives considérables du photographe Milton H. Greene, jusqu’au 24 juin 2018. Ce dernier a photographié les multiples facettes que Marilyn Monroe lui laissait voir ; pour lui, elle a posé dans 52 endroits différents, alimentant des archives de plus de 5 000 images.

Une belle amitié

Greene a rencontré Monroe en 1953, lors d’un shooting photo pour le magazine Look, période durant laquelle le photographe travaillait pour Vogue et Harper’s Bazaar, et se tournait de plus en plus vers les portraits de célébrités. Devant son objectif, sont passés Elizabeth Taylor, Frank Sinatra ou encore Audrey Hepburn. Suite à cette première collaboration, ils se lient d’amitié et fondent ensemble l’entreprise "Marilyn Monroe Productions", permettant à l’actrice de gérer sa carrière et d’être maîtresse de son image au moment où elle quitte Hollywood pour New York. Le photographe lui conseille de s'affranchir des grands studios de production qui la sous-payent, selon lui.

La voyant telle qu’elle était réellement, Greene l’encourageait d’ailleurs à s’éloigner des rôles de "blonde idiote" que le cinéma hollywoodien lui proposait à la pelle, et qui l’ont rendue célèbre. À cette époque, il a réalisé une série de portraits d’elle qui allait à l’encontre de ce stéréotype dans lequel on l’enfermait. Des décors de paysages californiens aux plateaux de tournage et studios photo, les deux amis ont travaillé main dans la main pour transformer l’image que le public se faisait de Marilyn, brouillant ainsi les pistes.

The Bed Sitting, 1953. (© Milton H. Greene / The Archives LLC / Iconic Images)

Pour cette expo, la galerie a imprimé des tirages photographiques en grand format, afin de pouvoir contempler cette icône dans les moindres détails : ses formes, ses moues, son charme unique et son innocence. L’exposition s’attache à montrer que Marilyn était loin de la "blonde pin-up" qu’elle interprétait, comme un masque social qu’elle enfilait pour chacune de ses représentations publiques. La galerie nous explique :

"À travers un regard contemporain, on remarque que Marilyn n’est pas seulement devenue un symbole de sex-appeal, mais aussi celui de l’émancipation féminine dans sa manière décomplexée de poser devant l’objectif, chose qu’aucune femme célèbre n’avait osé faire auparavant."

Les clichés tout en finesse et en élégance de Milton H. Greene rappellent la capacité de cette femme aux mille visages à changer de personnage selon la lumière qui l’éclaire et le contexte, avec un naturel systématique qui étonne. Au fil de l’exposition, c’est au tour du visiteur de se représenter Marilyn comme il le souhaite.

The Ballerina Sitting, 1954. (© Milton H. Greene / The Archives LLC / Iconic Images)

The Rock Sitting, 1954. (© Milton H. Greene / The Archives LLC / Iconic Images)

"Up Close with Marilyn: Portraits by Milton H. Greene", exposition jusqu’au 24 juin 2018 à la galerie Proud Central, Londres.

Rédactrice en chef de Cheese et ex-Sorbonnarde, on ne m’a pas demandé si j’aimais le fromage avant d’arriver ici. Mais j'aime bien le fromage, donc tout va bien.