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Arlene Gottfried, l’emblématique photographe de rue, est décédée à l’âge de 66 ans

La prodigieuse photographe qui a su capter le charme et l’insouciance de l’Amérique des années 1970, Arlene Gottfried, est décédée ce mardi des suites d’un cancer.

Grande dame de la photographie new-yorkaise, Arlene Gottfried a marqué toute une génération avant de s’éteindre des suites d’un cancer ce mardi 8 août 2017. Née en 1950 à Coney Island, elle a grandi auprès de sa sœur, Karen – qui deviendra plus tard une de ses muses – et de son frère, le célèbre comédien Gilbert Gottfried. Elle se lance dans la photographie alors qu’elle n’est qu’adolescente, quand son père lui offre son tout premier appareil photo. Par la suite, elle décide de suivre des cours de photo où elle était d'ailleurs l’unique fille de sa classe.

L’artiste avait plus d’une corde à son arc. Elle chantait aussi bien qu’elle photographiait, ce qui lui a valu le surnom de "Singing Photographer" – "la photographe chantante". Elle s’était exprimée sur cette période de sa vie, comme le rapporte Madame Figaro :

"Je me suis tournée vers le chant parce que je suivais un chœur de gospel pour mon livre Look Inside the Internal Light. Leur énergie m’a poussée à rester et rejoindre le groupe. Une expérience que j’ai adorée et que je regarde aujourd’hui comme un point culminant de ma vie. C’était une vraie chance de faire partie de cette famille."

"Prends-nous en photo, moi aussi je suis juif !"

Ses photographies évoquent un New York insouciant et libre, quelques années avant l’épidémie du sida : elle vogue de carnavals en festivals, événements durant lesquels les gens se déchaînent au rythme endiablé des sons disco de l’époque. En 1980, la photographe marche le long de la plage nudiste de Riis à New York. C’est alors qu’un rabbin retient toute son attention. Il était, malgré la chaleur écrasante, vêtu d’un costume et d’un chapeau noirs. Alors qu’elle commençait à le photographier, un bodybuilder s’approche et lui crie : "Prends-nous en photo, moi aussi je suis juif !" C’est ainsi qu’est née une des images les plus emblématiques de son travail.

Drôle de petit oiseau, Arlene Gottfried n’hésite pas à s’approcher au plus près de ses sujets. Si cette proximité peut sembler banale aujourd’hui, à l’ère des smartphones et du numérique, mais à l’époque, placer son objectif près du visage d’un inconnu était révolutionnaire. Son dernier livre, Mommie: Three Generations of Women, toujours disponible sur Amazon, dresse le portrait simple et intime des femmes de sa famille. On y retrouve sa grand-mère centenaire, sa mère malade ainsi que sa sœur.

L’artiste a toujours photographié les personnes auxquelles elle s’identifiait, raison pour laquelle son œuvre semble aussi sincère. Elle restera, bien évidemment, dans la mémoire de tous les amoureux de la photographie. Des images à (re)découvrir.

i'm quite cheesy sometimes.