En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

%e2%88%8fbabak-kazemi-la-sortie-de-shirin-et-farhad

Arles 2017 : quarante ans d’histoire iranienne retracés en photographies

"Iran 38" a ouvert ses portes le 3 juillet dernier à Arles. À travers une large sélection d’images, l’exposition retrace avec justesse quatre décennies d’Histoire.

%e2%88%8fbabak-kazemi-la-sortie-de-shirin-et-farhad

Série La Sortie de Shirin et Farhad, 2012. Empruntant son titre à une vieille légende persane, cette série évoque la difficulté pour les couples d’aujourd’hui à vivre librement leur amour. Hommes et femmes subissent toujours un puissant contrôle dans leur sphère intime. (© Babak Kazemi)

Presque quatre décennies ont passé depuis la révolution iranienne. Quel portrait dresser de ce pays aujourd’hui ? Pour répondre à cette question, l’église Sainte-Anne accueille durant les Rencontres de la photographie d’Arles soixante-six photographes iraniens.

Témoignant en images de la transformation sociale, économique et culturelle du pays, les différents photographes exposent des travaux particulièrement variés allant du photojournalisme au documentaire en passant par la mise en scène. Cette multitude des points de vue offre un large panorama sur ce qu’est, et ce qu’a été, le pays – terre de nombreux contrastes –, et peint un portrait nuancé.

Au fur et à mesure des images, l’exposition dresse une subtile analogie entre la photographie et la poésie, comme l’expliquent Anahita Ghabaian Etehadieh et Newsha Tavakolian, les deux commissaires d’exposition : "La poésie permet de formuler par des moyens détournés ce qui ne peut être dit frontalement."

La poésie iranienne – genre le plus ancien de la littérature persane – étant célébrée dans le monde entier, il semblait important pour le duo de commissaires de mettre en avant ce fort patrimoine culturel. Tout comme la poésie, la photographie est aussi un véritable outil critique, qui permet de faire passer des messages, d’éveiller les consciences. Elle est d’ailleurs qualifiée dans l’exposition de "poésie visuelle".

Les images laissent entrevoir la guerre, la révolution islamique ou la crise écologique, mais sans jamais tomber dans le sensationnalisme, et montrent aussi avec optimisme les doutes, les joies et l’espoir d’un pays en pleine mutation. Quarante années de culture, de poésie et d’images, aussi impressionnantes sur le fond que sur la forme.

%e2%88%8fabbas-kiarostami-snow-white

Série Snow White, 1978-2004. (© Abbas Kiarostami)

%e2%88%8fabbas-kowsari-l-ombre-de-la-terre

Série L’Ombre de la terre, Talaiye, près de la frontière irakienne, 23 mars 2008. Chaque mois de mars, au moment de la nouvelle année, des centaines de milliers d’Iraniens visitent les différents fronts de la guerre Iran- Irak. Ce voyage à travers tout le pays, appelé Rahian-e Noor ("caravane de lumière"), est l’occasion pour les pèlerins – qui ont souvent perdu des proches pendant le conflit – de se recueillir sur les lieux où les combats ont été les plus difficiles. (© Abbas Kowsari)

%e2%88%8farash-khamooshi-geste-de-pardon

Série Geste de pardon, 2014. En Iran, les pendaisons ont généralement lieu en place publique. La famille d’une victime de meurtre peut participer à la mise à mort en poussant la chaise sur laquelle se tient le condamné. Le 15 avril 2014, un jeune homme a désigné un certain Balal comme l’auteur de l’assassinat d’Abdollah Hosseinzadeh, qu’il aurait poignardé à mort au cours d’une bagarre de rue. Présente à la pendaison, la mère d’Hosseinzadeh, au lieu de pousser la chaise, asséna une gifle à Balal, un geste de pardon symbolique qui selon la tradition met fin à l’exécution. Les parents de la victime aident à desserrer le nœud et des membres de la famille de Balal s’étreignent après l’annulation de son exécution. (© Arash Khamooshi)

DCIM111MEDIA

Sans titre, 2015. Sharafkhaneh est un port du lac d’Ourmia, à 20 km de Shabestar et 110 km de Tabriz, la capitale de l’Azerbaïdjan oriental. Avec l’assèchement du lac d’Ourmia, le port de Sharafkhaneh est devenu inutile. (© Azin Haghighi)

%e2%88%8fgohar-dashti-la-vie-moderne-et-la-guerre-2

Série La Vie moderne et la guerre, 2008. Cette série interroge la guerre et son héritage, qui imprègnent tous les aspects de la société contemporaine iranienne. La composition joue systématiquement sur deux registres dissonants : une scène de la vie de tous les jours, intime, transplantée dans un contexte meurtri portant les stigmates du conflit. (© Gohar Dashti)

Iran

Une femme en tchador noir brandissant un HK G3 lève la main vers l’appareil photo en signe de défi à Téhéran, le 12 février 1979. Elle fait partie des forces révolutionnaires qui occupent l’université de Téhéran dès le lendemain de la victoire de la révolution islamique menée par l’ayatollah Ruhollah Khomeini. (© Kaveh Kazemi)

%e2%88%8fmorteza-niknahad_behnam-zakeri-espace-public

Série Espace public, 2015. (© Morteza Niknahad & Behnam Zakeri)

%e2%88%8fnewsha-tavakolian-regard

Série Regard, 2012-2013. "Ce projet est né de mon désir de regarder la vie de ceux qui m’entouraient, que je connaissais depuis plus de dix ans et qui vivaient dans mon immeuble. Je voulais incarner l’histoire des jeunes de la classe moyenne qui combattent tous les jours le conformisme et l’isolement de leur société, leur manque de confiance en l’avenir. Je voulais raconter ainsi l’histoire unique de chacun. Pendant six mois, tous les soirs à 20 heures, j’ai fixé mon appareil sur un trépied devant ma fenêtre. J’ai essayé de capturer un instant de la vie de chacun." (© Newsha Tavakolian)

%e2%88%8fshadi-ghadirian-ghajar

Qajar, 1998. "Pour moi, une femme, une femme iranienne, une femme comme moi, est à la croisée de toutes les frontières inconnues qui séparent la tradition de la modernité." (© Shadi Ghadirian)

%e2%88%8fsina-shiri-seul-du-cote-du-silence

Seul/Du côté du silence, Nishapur, région du Khorassan, septembre 2015. (© Sina Shiri)

%e2%88%8fsolmaz-daryani-les-yeux-de-la-terre

Série Les Yeux de la terre, 2015. Une femme de la région nage dans un étang peu profond, en fait ce qu’il reste du lac d’Ourmia. Tous les étés, elle marche chaque jour près de trois kilomètres, de l’ancienne plage au lac, pour se baigner dans l’eau naturellement salée. Port de Sharafkhaneh, province de l’Azerbaïdjan oriental. (© Solmaz Daryani)

Iran 38, du 3 juillet au 27 août 2017, aux Rencontre de la photographie d’Arles. Publié aux éditions Textuel / Arte Editions. Retrouvez également la nouvelle web série d'ARTE: Iran #nofilter sur arte.tv/Iran.