Arles 2018 : drôle et émouvante, l’expo de William Wegman met en scène le meilleur ami de l’homme

Jusqu’au 23 septembre, les photos de William Wegman investissent le palais de l’Archevêché à Arles.

William Wegman, Décontracté, 2002. © Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Sperone Westwater Gallery.

Si lors de l’édition 2017, le palais de l’Archevêché abritait une exposition des images de Fukase, photographe japonais qui a consacré une partie de son œuvre à son chien, cette année, le lieu emblématique des Rencontres d’Arles est resté dans une thématique similaire puisque ce sont les célèbres portraits canins de William Wegman qui y sont exposés.

En effet, pendant plusieurs décennies, le photographe a tiré le portrait de ses braques de Weimar, chiens à la robe grise et au regard triste. Derrière ce projet photo aujourd’hui iconique se cache pourtant une histoire plus qu’anodine.

Un destin à pile ou face

À la fin des années 1960, Wegman est professeur d’art dans une université du Wisconsin en parallèle de son activité d’artiste. Il peint, fait quelques photos et vidéos qui ne connaissent pas (encore) un franc succès. Le jeune homme prévoit de quitter le Midwest pour la côte ouest. Afin d’aider sa femme à accepter ce déménagement, il lui propose d’adopter un chien.

Face à l’enthousiasme de son épouse, il avoue ne pas être totalement convaincu à l’idée de devoir s’occuper d’un canidé et lui propose alors de jouer à pile ou face. Quelques semaines plus tard, le couple adopte Man Ray, leur premier braque de Weimar.

C’est tout simplement en faisant des recherches dans son studio qu’il décide un jour de faire poser l’animal. Après quelques clichés, il prend conscience que ces chiens particulièrement calmes et flegmatiques étaient des modèles parfaits pour un photographe, comme le rappelle le JDD, Wegman déclare :

"Ils aiment poser. Mais ils ont, en plus, une couleur grise, neutre. On peut écrire sur eux de nombreuses histoires, comme sur un tableau noir"

Des portraits anthropomorphiques

S’ensuivent des centaines de mises en scène, avec différents braques de Weimar : tantôt astronaute, tantôt avocat, portant une perruque, une robe ou encore des talons aiguilles, prenant le rôle d’une femme au foyer, d’un prêtre ou même d’un ouvrier. Avec ses images, Wegman glisse l’animal dans la peau d’un être humain et nous fait soudainement réfléchir à notre propre humanité.

Parfois émouvantes mais souvent drôles, les images de l’artiste ne tombent jamais dans le kitsch, travers habituel de la photo animalière. Utilisant l’impression Polaroid grand format, il nous offre des couleurs intenses et un résultat résolument pop. Ses images peuvent parler à tous, amateurs de photographie comme néophytes. Quelque 82 images sont rassemblées dans une exposition intitulée "Être humain" qui se tient à Arles jusqu’au 23 septembre.

William Wegman, Tamino et sa flûte enchantée, 1996. © Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Sperone Westwater Gallery.

Affiche des Rencontres d’Arles 2018.