Femmes photographes, l’association qui agit pour plus de parité dans l’art

Pour pallier les inégalités de genre très présentes dans le domaine de la photographie, l’association Femmes Photographes apporte de la visibilité à de nombreux talents.

Lancement de la revue n° 2 à la librairie l’Atelier, 29 septembre 2017. (© Femmes Photographes)

Nous vous en parlons régulièrement sur Cheese, les femmes photographes sont bien souvent moins mises en avant que leurs homologues masculins. Il suffit d’observer les agendas culturels des grandes institutions pour remarquer une différence flagrante. La facilité consisterait à répondre "c’est tout simplement parce qu’il y en a moins", mais cette information serait fausse. Comme le rappelle le centre Hubertine Auclert, les femmes ne représentent que 2 % des collections des musées, et 15 à 20 % des artistes exposés dans les galeries, alors qu’elles forment 60 à 80 % des effectifs en école d’art.

L’exposition "Qui a peur des femmes photographes ? 1839 à 1945", présentée à la fois au musée d’Orsay et au musée de l’Orangerie, l’a bien montré. À travers l’histoire, il y a toujours eu des femmes photographes, elles ont tout simplement été oubliées, souvent au profit des hommes – comme la reporter de guerre Gerda Taro qui est restée dans l’ombre de son mari, Robert Capa.

Afin de remédier à ces inégalités, des photographes ont décidé de se rassembler pour montrer qu’elles étaient elles aussi bien présentes et tout aussi compétentes. En 2016, l’association Femmes Photographes est née avec l’envie de montrer que de nombreuses photographes talentueuses existent. Sur leur site Web, les fondatrices expliquent leur démarche :

"C’est en montrant plus largement notre travail que nous pourrons continuer à créer. De même, plus nous partagerons nos photographies, plus nous pourrons confronter nos perceptions du monde et nos questionnements, et nous enrichir du regard des autres. […] Nous proposons, via la plateforme, une visibilité à un éventail de femmes photographes, qu’elles soient photographes reporter, photographes de l’intime, du quotidien, photographes plasticiennes, etc. Cette mutualisation amène une diversité de regards, développant ainsi un paysage de photographie de femmes."

"Il ne s’agit pas ici de mettre en opposition les genres"

Elles ont alors décidé de mener des actions concrètes pour valoriser les travaux de nombreuses photographes. Elles ont donc tout d’abord rassemblé plusieurs talents afin de créer une plateforme qui expose leurs productions : aujourd’hui leur site Web met en avant les images de 22 photographes s’inscrivant toutes dans une démarche d’auteure. En parallèle, l’association publie une revue semestrielle qui commence à être reconnue par des institutions culturelles — consultable à la bibliothèque de Beaubourg, disponible à la librairie de la Maison européenne de la photographie. Elles créent aussi un véritable fonds photographique, organisent des expositions, alimentent un blog et proposeront bientôt des lectures de portfolio.

Tâchant d’être le plus inclusive possible, l’association souhaite aussi s'entourer d'hommes qui soutiennent l’égalité hommes-femmes. Elles déclarent :

"Il ne s’agit pas ici de mettre en opposition les genres, les êtres ou les visions, mais de pallier l’invisibilisation récurrente de l’expression d’une partie de la population, de ses vécus, ses ressentis et ses perceptions, afin de donner à voir la diversité du monde dans sa réalité et à sa juste valeur."

L’idée de l’association est donc de s’unir pour atteindre plus de parité. Pour cela, n’hésitez pas à envoyer vos portfolios à l’association. En attendant, on vous laisse découvrir les travaux de membres de Femmes Photographes.

100 ans de solitude. (© Jessica Servières)

Les Dégommeuses. (© Teresa Suàrez)

Laps. (© Hélène Langlois)

Aurore Colbert. (© Marie Mons)

Rozalia et Lazare. (© Ania Winkler)

L’association vend un coffret de trois revues à 35 € pour les fêtes. Une présentation de la dernière édition de la revue aura lieu le 21 décembre prochain à la libraire Violette & Co, rue de Charonne à Paris. Vous pouvez retrouver l'association sur leur site web, leur page Facebook et leur compte Instagram