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Le Maroc et ses contrastes capturés par Constantinos Karoulidis

Constantinos Karoulidis ne va nulle part sans son Olympus qui tient dans sa poche. C’est armé de son unique appareil qu’il est parti sur un coup de tête au Maroc, il y a trois ans. Accompagné d’un ami vivant là-bas, il a traversé les montagnes de Tizi n’Tichka jusqu’au désert du Sahara.

© Constantinos Karoulidis

Constantinos Karoulidis est un photographe autodidacte originaire de Liège. Ses premiers projets photo sont des reportages nocturnes, qu’il a réalisés armé d’un jetable pour capturer des moments précieux auprès de ses acolytes de graff, sa première passion. À cette époque, la photo n’avait rien d’artistique pour lui. C’est petit à petit qu’il a commencé à structurer ses prises de vues autour de sujets particuliers, et surtout au cours de ses voyages qui lui ont beaucoup appris. Il est fidèle à son petit argentique, dont les couleurs lui rappellent les palettes des peintres.

Road trip marocain à travers la fenêtre d’une voiture

Constantinos Karoulidis épie avec attention les scènes qui s’offrent à lui pour choisir l’instant parfait à immortaliser. Cette précision donne à ses photos une forte éloquence qui nous projette dans l’instant capturé pour nous faire partager le moment vécu avec une efficacité particulière.

Cet effet d’immersion du spectateur est soutenu notamment par le cadre de ses photos prises depuis sa voiture, qui laissent apparaître le contour du véhicule. Bordure parfois épaisse, parfois légère, issue de la fenêtre latérale ou celle de l’arrière : on ressent l’instabilité du véhicule et le nomadisme de l’observateur. Cet encadrement donne à ses photos une valeur d’instant furtif, comme un gage de réel.

Le photographe nous emmène dans la découverte instantanée du pays, attentif au décor qui défile et se transforme sous ses yeux. Un procédé qui marque un renouveau dans l’expédition photo en s’émancipant du travail de composition visuelle au profit d’une spontanéité tangible. Cet aspect de réel brut et immédiat ne prive pas pour autant les clichés de Constantinos Karoulidis d’une dimension cinématographique.

Au contraire, on se sent comme embarqué au côté du photographe dans son aventure. On est invité jusque dans les coulisses du road trip, comme en témoigne la photo de ce personnage sur la banquette arrière, cigarette fumante, sourire aux lèvres et regard vers l’horizon de la route. Des photos qui ne trichent pas sur la réalité du moment mais qui tissent un récit à travers l’œil itinérant du voyageur en éveil.

© Constantinos Karoulidis

L’observateur repéré

Comme pour ajouter à son récit du réel, le photographe nous livre une photo où l’observateur est repéré. Sur presque toutes les images les personnages semblent être photographiés sur le vif, dans la réalité de leur existence sans percevoir le regard extérieur posé sur eux.

Invisibilité démasquée par cet enfant au pull orange qui se cache dans l’ombre et fixe l’objectif avec un seul œil éclairé. Cette photo s’inscrit dans la série du road trip marocain comme une scène du film qui vient faire basculer les rôles. L’observateur est repéré, devancé et défié du regard. À l’instar de son voyage, l’image se partage entre ombre et lumière mais aussi entre décor désertique et bitume.

Les symboles sont forts et renforcent la dualité de la scène, à savoir théâtralité et réalité. Une précision qui fait sens, car Constantinos Karoulidis n’est pas un frénétique du clic : "Je réfléchis à ma photo au lieu de mitrailler, parfois je finis une pellicule en 6 mois".

© Constantinos Karoulidis

Ainsi le photographe nous confie avec cette photo un autre aspect, voire un enjeu de son aventure, à savoir celui de se placer comme observateur à la juste place. Être au plus près du réel sans non plus se cacher et dérober des images à l’insu des habitants. Une subtile position à adopter qui se manifeste aussi dans un cliché pris dans un miroir jouant sur les multiples réflexions.

Esthétique traditionnelle et détails contemporains

La série de photos au Maroc de Constantinos Karoulidis est dotée d’une certaine ambivalence. On retrouve des éléments visuels qui convoquent l’imagerie classique du Maroc confrontés à des détails qui sont presque des emblèmes de la société occidentale actuelle. Mais pas seulement, la dualité réside aussi dans l’opposition entre l’environnement et son occupant, l’homme moderne.

Ainsi au lieu de nous montrer des images à profusion du désert fantastique, il a préféré l’union des montagnes arides avec un camaïeu de carrosseries ensoleillées de taxis et de camions-bennes. Le tout surplombé du drapeau du Maroc qui ondule fièrement au-dessus des véhicules.

De même, ce n’est pas la nature sauvage qu’il décide de capturer mais plutôt sa cohabitation avec les hommes et leurs installations souvent laides, offrant ainsi un contraste intéressant. Comme le figuier de barbarie et les roseaux qui parviennent presque à cacher une clôture métallique taguée de chiffres dans un rouge vif, très peu raccord avec le paysage. Ou encore comme cet individu, en turban, lunettes et baskets, dressé sur un rondin de bois dans une rivière jonchée de longs palmiers à l’horizontale.

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

© Constantinos Karoulidis

Maroc © Constantinos Karoulidis

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