Les icônes de la Nouvelle Vague et des années 70 mises à l’honneur dans une expo à Paris

Jean Seberg, Jean-Paul Belmondo, Anna Karina, Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Lola Anoukian, ou encore Godard, Truffaut et Chabrol… La crème de la crème de la Nouvelle Vague fait l’objet d’une exposition à la galerie Joseph jusqu’au 16 septembre. Une bonne dose de French touch.

Jean-Paul Belmondo et Anna Karina, 1965, Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard. (© Georges Pierre)

On se rappelle l’affiche du Festival de Cannes de cette année, signée par le photographe Georges Pierre. Anna Karina et Belmondo s’embrassent à bord de deux voitures bien typiques des années 1960, sur le tournage de Pierrot le fou. Il y a bien d’autres clichés qui ont marqué cette période allant de la Nouvelle Vague aux années 1970. La galerie parisienne Joseph a voulu mettre à l’honneur, durant tout l’été, ces photos qui témoignent du vent de liberté propre à cette époque.

Une centaine de tirages ont été réunis et présentent des icônes du septième art immortalisées par deux photographes de cinéma français : Raymond Cauchetier et Georges Pierre (photographe fétiche de Romy Schneider, dont les photos exposées sont pour la plupart inédites).

Le premier est un ancien militaire et résistant sous l’occupation allemande qui a fait ses premiers pas dans la photographie au milieu de guerres et de soldats. C’est le réalisateur Marcel Camus qui lui a offert son premier poste de photographe de plateau. Au lieu de faire poser les acteurs pendant le tournage, Raymond Cauchetier décide de casser les codes et d’avoir une approche plus documentaire. De Godard à Truffaut, il a travaillé avec les plus grands noms de la Nouvelle Vague. Aujourd’hui, il est considéré comme l’un des plus grands photographes français de cinéma.

Jeanne Moreau, Henri Serre et Oscar Werner, 1961, Jules et Jim, de François Truffaut. (© Raymond Cauchetier)

Le second, Georges Pierre, a immortalisé plus de cent films au cours de sa carrière et son travail a été largement primé. Suite à ses études d’ingénierie, il débute sa carrière en devenant comédien, et enchaîne les petits rôles. Son amour pour la photographie a eu raison de son envie de jouer, au moment où le magazine Elle lui propose de faire des reportages photo de cinéma-feuilleton et de théâtre. Il intègre ensuite l’agence de presse Gamma puis Sygma et devient rédacteur du magazine Photo. Alain Resnais et Jacques Rivette ont été les premiers réalisateurs avec qui il a travaillé en tant que photographe de plateau. Ses études d’ingénierie n’auront pas été inutiles puisqu’il est l’inventeur d’un dispositif d’insonorisation pour appareil photo, le "blimp".

Côté réalisateurs, Resnais, Rivette, Sautet, Chabrol, Melville, Godard et Truffaut sont passés devant leur objectif. Et côté acteurs et actrices, Jean-Paul Belmondo, Jean Seberg, Jeanne Moreau, Catherine Deneuve, Yves Montand, Anna Karina et Romy Schneider…

Cette exposition, très simplement appelée "Icônes", nous plonge dans les plus belles années du cinéma français et tisse un lien entre photographie et cinéma à travers la profession de photographes de plateau. Ces photos ne sont pas extraites des films mais figent à tout jamais les visages d’acteurs et de réalisateurs, les coulisses des plus grands films et l’effervescence des tournages.

L’enjeu pour ces deux photographes était de traduire, à travers chaque cliché, l’âme d’un film. Bien que promotionnelles et documentaires, ces photos portent un véritable regard artistique à une époque où le cinéma cassait ses codes, et sont les témoins, aujourd’hui, de cette révolution créative.

Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, 1959, À bout de souffle, de Jean-Luc Godard. (© Raymond Cauchetier)

Jean Seberg, 1960, À bout de souffle, de Jean-Luc Godard. (© Raymond Cauchetier)

Jean-Paul Belmondo et Jean Seberg, 1959, À bout de souffle, de Jean-Luc Godard. (© Raymond Cauchetier)

Catherine Deneuve, 1967, Manon 70, de Jean Aurel. (© Georges Pierre)

Jean-Paul Belmondo, 1965, Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard. (© Georges Pierre)

Anna Karina, 1965, Alphaville, de Jean-Luc Godard. (© Georges Pierre)

Anna Karina, 1965, Pierrot le fou, de Jean-Luc Godard. (© Georges Pierre)

Jacques Rozier, 1960, Adieu Philippines, de Jacques Rozier. (© Raymond Cauchetier)

François Truffaut et Claude Beausoleil, 1962, rue Nollet à Paris, Antoine et Colette, de François Truffaut. (© Raymond Cauchetier)

Anouk Aimée, 1960, Lola, de Jacques Demy. (© Raymond Cauchetier)

Delphine Seyrig, 1960, L’Année dernière à Marienbad, d’Alain Resnais. (© Georges Pierre)

Jeanne Moreau, Henri Serre et Oscar Werner, 1961, planche-contact de Jules et Jim, de François Truffaut. (© Raymond Cauchetier)

Claude Chabrol, 1961, L’Œil du malin. (© Raymond Cauchetier)

"Icônes", exposition à voir à la galerie Joseph jusqu’au 16 septembre 2018.

Rédactrice en chef de Cheese et ex-Sorbonnarde, on ne m’a pas demandé si j’aimais le fromage avant d’arriver ici. Mais j'aime bien le fromage, donc tout va bien.