Les Rencontres de la photographie d’Arles ouvrent leurs portes la semaine prochaine

La 49e édition du festival dédié à la photographie débute le 2 juillet prochain, à Arles. Vous pourrez vous abreuver d’expositions sous un soleil tapant.

Paul Fusco, RFK Funeral Train, 1968. (© Magnum Photos / avec l’aimable autorisation de la Danziger Gallery)

Entre passé et présent, Les Rencontres de la photographie d’Arles proposeront cette année une programmation des plus riches avec un cycle d’expositions qui nous plongera à la fois dans des archives historiques françaises et américaines, tout en nous proposant un état des lieux du monde actuel soumis aux nouvelles technologies. On retrouvera également une partie consacrée à la réalité virtuelle qui s’inscrit depuis quelques années dans l’envie de se diversifier du festival.

Cette année, près de trente lieux ont été investis par les expositions, dont certains pour la première fois. À travers une expression bien pop, "Retour vers le futur", le directeur des Rencontres d’Arles, Sam Stourdzé, définit cette édition comme une "expérience spatiotemporelle, un voyage à travers les époques, sidéral et sidérant". Il nous rappelle que la photographie est le meilleur medium "pour saisir toutes ces secousses", et pour rendre compte des changements du monde.

Si l’an dernier, la Colombie était à l’honneur, cette année, le festival a décidé de mettre en perspective passé et présent à travers une "constellation d’expositions qui se croisent, se répondent et parfois se télescopent". Comme une machine à explorer le temps, futur ou présent, qui questionne les enjeux de la société moderne.

Raymond Depardon, Sioux City, Iowa, 1968. (Avec l’aimable autorisation de Raymond Depardon/Magnum Photos)

Ainsi, au cours de promenades photographiques dans des rues pittoresques et sur les pavés arlésiens, le visiteur pourra tomber sur des expositions rendant hommage au passé avec des photos de Raymond Depardon aux États-Unis ; de Robert Frank ; de Paul Fusco et le RFK Funeral Train qui a transporté le corps inanimé de Kennedy ; de Taysir Batniji qui retrace le parcours de cousins palestiniens immigrés aux États-Unis ; de Laura Henno qui a documenté la vie dans un campement de marginaux californiens ; de Marcelo Brodsky et ses œuvres entre peinture et photo de Mai 68.

Côté futur, un cycle est dédié à l’humanité augmentée, du transhumanisme à l’introspection, avec des expositions de Matthieu Gafsou qui s’interroge sur l’avènement de l’homme numérique et à quel point il est devenu "customisable" ; de Cristina de Middel et Bruno Morais qui nous plongent au plus profond de la spiritualité et des croyances africaines ; et de Jonas Bendiksen qui a suivi sept hommes qui prétendent être le Messie, redescendu sur Terre.

Un tour d’horizon de notre monde sera offert à travers les photos de Yingguang Guo, d’Olga Kravets, de Jane Evelyn Atwood, de Joan Colom, de Maria Morina, d’Oksana Yushko, de Gregor Sailer et de Michael Christopher Brown. Et bien sûr, une partie du festival mettra en avant les talents de demain. Bref, de quoi vous occuper tout l’été.

Neil Harbisson se considère comme un cyborg. Souffrant d’une maladie rare, l’achromatopsie, qui le prive de la vision des couleurs, il s’est fait implanter une prothèse nommée Eyeborg. Intégrée à la boîte crânienne, elle capte les couleurs et les convertit en ondes sonores. Neil Harbisson plaide pour une augmentation créative de l’humain et se distancie parfois du transhumanisme, qu’il trouve trop figé dans des représentations stéréotypées ou commerciales. Il a une vision d’artiste plus que d’apôtre de la technoscience. Il se targue d’être le premier humain à apparaître avec sa prothèse sur la photo de son passeport, Munich, le 15 juillet 2015. (© Matthieu Gafsou/avec l’aimable autorisation de la Galerie C et de MAPS)

© Robert Frank, New York, 1951-1955. Collection Fotostiftung Schweiz, Winterthour. Don de l’artiste.

© Michael Christopher Brown, Cuba, 29 novembre-4 décembre 2016.

Laura Henno, Ethan, Slab City (États-Unis), 2017. (© Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Les Filles du Calvaire)

© Jane Evelyn Atwood, Pigalle, Paris, France, 1978-1979.

Joan Colom, Gent del carrer, 1993. (© Avec l’aimable autorisation de Foto Colectania Collection)

© Ann Ray, Unfallen Angels I, Paris, 2009.

© Eckhard Schaar, Bodybuilder [Culturiste], 1993.

Taysir Batniji, Pères, 2006. (© Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la galerie Sfeir-Semler Beyrouth/Hambourg)

William Wegman, Casual, 2002. (© Avec l’aimable autorisation de l’artiste/Sperone Westwater Gallery)

INRI Cristo est promené autour du complexe sur un piédestal sur roues. INRI sont les initiales que Ponce Pilate fit écrire en haut de la croix de Jésus, et signifient : Jésus Christ, Roi des Juifs. Brésil, 2014. (© Jonas Bendiksen, avec l’aimable autorisation de l’artiste/Magnum Photos)

© Cristina de Middel & Bruno Morais, Minuit à la croisée des chemins, Brésil, 2016.

© Gregor Sailer, Carson City VI/Vårgårda, Suède, 2016.

© Feng Li, Nuit blanche, Chengdu, 2017.

Marcelo Brodsky, 1968 : Le feu des idées, Paris, 1968. (© Avec l’aimable autorisation de l’artiste/Henrique Faria Fine Art/New York & Rolf Art Gallery, Buenos Aires)

Les Rencontres de la photographie, festival à voir à Arles, du 2 au 23 septembre 2018. Semaine d’ouverture du 2 au 8 juillet.

Rédactrice en chef de Cheese et ex-Sorbonnarde, on ne m’a pas demandé si j’aimais le fromage avant d’arriver ici. Mais j'aime bien le fromage, donc tout va bien.