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Le monde arabe et ses photographes mis à l’honneur dans une biennale à Paris

Deux institutions, la Maison européenne de la photographie et l’Institut du monde arabe, ont organisé la deuxième édition de la Biennale des photographes du monde arabe contemporain. L’objectif ? Faire découvrir le monde arabe à travers le prisme de photographes qui voyagent ou habitent au Maghreb et au Moyen-Orient.

Bou Saada, Algérie, 2013, série Sur les traces. (© Farida Hamak. Avec l’autorisation de Regard Sud galerie)

C’est une belle initiative qu’ont pris conjointement l’IMA et la MEP d’organiser une biennale consacrée à la photographie contemporaine arabe. Des conférences, et des rencontres avec des photographes arabes et maghrébins sont organisées, ainsi que des expositions collectives sur les murs de huit lieux à Paris. Après une première Biennale en 2015, l’IMA et la MEP ont décidé de remettre le couvert avec l’aide de six autres lieux où 50 artistes sont exposés : la Cité internationale des arts, la mairie du 4e arrondissement, la galerie Thierry Marlat, la galerie Photo12, la galerie Clémentine de la Féronnière et la galerie Binome. Ce parcours photographique a l’ambition de faire découvrir le monde arabe d’aujourd’hui à travers des visions plurielles.

Jack Lang, président de l’Institut du monde arabe, est à l’origine de ce projet. Dans le communiqué de presse, il explique :

"La photographie demeure un incomparable révélateur du formidable bouleversement qui, encore et encore, pétrit le monde arabe, rendant les objectifs que je m’étais fixés plus pertinents que jamais. Le rôle de l’Institut du monde arabe n’est-il pas de participer à l’alchimie du monde en assumant pleinement son rôle de médiateur entre le public et ceux qui participent de sa perpétuelle recréation ?"

Les regards portés sur ces pays sont divers : certains photographes habitent au Maghreb ou au Moyen-Orient, sont nés là-bas et parlent arabe. D’autres sont des artistes européens ou étrangers qui témoignent de la vie là-bas, forts de leur expérience et immersion dans ces pays culturellement et historiquement riches. Il ajoute : "Sans autre prétention que celle de privilégier des regards d’auteurs – qu’ils soient ou non arabes – sur le monde arabe."

L’Algérie et la Tunisie au cœur de cette Biennale

Khoubana, Bou Saada, Algérie, 2013, série Sur les traces. (© Farida Hamak. Avec l’autorisation de Regard Sud galerie)

Cette année, deux pays sont particulièrement mis en lumière contrairement à la première Biennale : il s’agit de l’Algérie et de la Tunisie. Le commissaire général, Gabriel Bauret, confie que le projet de cette deuxième édition "était d’approfondir l’exploration de certains territoires du monde arabe et de la création photographique qui s’y développe". En 2015, la Biennale se voulait exhaustive et souhaitait couvrir tous les continents et la plupart des régions, afin de ne négliger personne. Cette année, il y a une volonté de s’arrêter, de zoomer un peu et de mettre en valeur deux pays en particulier :

"Le choix s’est porté sur la Tunisie, un pays du Maghreb dont les pratiques artistiques contemporaines sont peu souvent mises en avant, relativement par exemple à celles du Maroc. On retiendra également le terme 'contemporain', car c’est la photographie d’aujourd’hui qui est ici concernée.

D’autre part, le programme de la Biennale a intégré à cette nouvelle édition une importante exposition consacrée à la jeune photographie algérienne – un pays qui, un peu comme la Tunisie, ne bénéficie pas toujours dans le domaine de l’art des mêmes attentions que les autres."

L’IMA a choisi deux commissaires, l’une est tunisienne, Olfa Feki, et l’autre algérien, Bruno Boudjelal, afin de privilégier une vision de l’intérieur et une expertise légitime. La liste est longue mais parmi ces cinquante photographes exposés, on peut compter Fethi Sahraoui, Farida Hamak, Hicham Benohoud, Zied ben Romdhane, Rania Matar, Douraïd Souissi, Tasneem Alsultan, Mouna Karray, Héla Ammar, Youcef Krache ou encore Liasmine Fodil.

De tous ces projets de photographes ressort une dimension artistique et poétique, malgré les tumultes qui remuent certains pays du Moyen-Orient et du Maghreb de nos jours, sans pour autant ignorer le monde qui les entoure : les conflits, les inégalités, la pauvreté, les violences, les migrations, les guerres… Chaque série, à sa manière, dépeint les problématiques contemporaines et la société arabe moderne, en croisant les regards et subjectivités.

Oultem, Bou Saada, Algérie, 2014, série Sur les traces. (© Farida Hamak. Avec l’autorisation de Regard Sud galerie)

Lac Chott el Hodna. Khoubana - Bou Saada, Algérie, 2015, série Sur les traces. (© Farida Hamak. Courtesy Regard Sud galerie)

Bou Saada, Algérie, 2013, série Sur les traces. (© Farida Hamak. Avec l’autorisation de Regard Sud galerie)

Bou Saada, Algérie 2014, série Sur les traces. (© Farida Hamak. Avec l’autorisation de Regard Sud galerie)

Acrobaties. (© Hicham Benohoud. Avec l’autorisation de l’artiste et Loft Art Gallery/Casablanca)

Acrobaties. (© Hicham Benohoud. Avec l’autorisation de l’artiste et Loft Art Gallery/Casablanca)

Acrobaties. (© Hicham Benohoud. Avec l’autorisation de l’artiste et Loft Art Gallery/Casablanca)

Acrobaties. (© Hicham Benohoud. Avec l’autorisation de l’artiste et Loft Art Gallery/Casablanca)

Acrobaties. (© Hicham Benohoud. Avec l’autorisation de l’artiste et Loft Art Gallery/Casablanca)

Tiring department store, Cairo, 2010, série Dust. (© Xenia Nikolskaya)

Radio Cinema, Le Caire, Égypte, série Dust. (© Xenia Nikolskaya)

Villa Casdagli, Garden City, Le Caire, Égypte, série Dust. (© Xenia Nikolskaya)

Sakakini Palace, Le Caire, Égypte, 2007, série Dust. (© Xenia Nikolskaya)

Atelier, Alexandrie, Égypte, 2009, série Dust. (© Xenia Nikolskaya)

Al-Gawhara Palace in Citadel, Le Caire, Égypte 2011, série Dust. (© Xenia Nikolskaya)

Biennale des photographes du monde arabe contemporain jusqu’au 12 novembre.

Rédactrice en chef de Cheese et ex-Sorbonnarde, on ne m’a pas demandé si j’aimais le fromage avant d’arriver ici. Mais j’aime bien le fromage, donc tout va bien.