En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de nos cookies afin de vous offrir une meilleure utilisation de ce site internet. Pour en savoir plus et paramétrer vos cookies, cliquez ici.

Paris Photo : l'intrigante obsession pour le motif léopard, de Paris à Kinshasa

Depuis quelques décennies, l'imprimé léopard est un incontournable de la mode. Mais avant qu'il ne devienne si populaire, ce vêtement à motifs était très cher et exotique.

Chef Matadi Kibala, Kinshasa, 2015 (Photograph: Emilie Reginer)

Chef Matadi Kibala, Kinshasa, 2015 (© Emilie Regnier)

De Mobutu à Dior, le léopard est l'imprimé le plus utilisé dans le monde de la mode depuis l'ère du mammouth laineux. Porté comme symbole de pouvoir, de richesse et de statut par les rois et reines d'Afrique, il est aussi populaire chez les fortunés d'Occident. Fascinée par celui-ci, la photographe canadienne Émilie Regnier a décidé d'en retracer les différentes interprétations modernes. À la recherche de fashionistas qui se prélassent dans la peau de ce chat majestueux, Émilie est allée au Texas, à New York, à Paris, à Johannesburg et dans bien d'autres villes : en rencontrant des gens de milieux différents ayant le même amour pour l'imprimé léopard, elle a découvert ce qu'il signifiait vraiment pour eux.

Ainis, elle a rencontré Samuel Weidi, qui a passé sa vie à se prendre pour Mobutu Sese Seko, l'ex-président du Congo. Lors de la Contemporary African Arts Fair à Londres, Émilie Regnier nous a expliqué : "Chaque matin, il se réveille et s'habille comme Mobutu, même chapeau, même canne... Et pas seulement pour les photos." Il y a aussi le chef Matadi Kibala (photo ci-dessus), un chef de tribu très populaire à Kinshasa — la plus grande ville de la République démocratique du Congo. Après avoir demandé l'autorisation à ses ancêtres, il a proposé à Émilie Regnier de le prendre en photo devant sa Jeep. "Il s'est changé trois fois pour me montrer l'étendue de son attirail", explique-t-elle.

De la haute couture à la culture urbaine

La photographe a également rencontré un homme appelé Larry, qui est recouvert de tatouages de taches de léopard... jusque sur ses parties génitales. Il lui a raconté que son obsession pour les léopards a commencé en 1993, quand il a quitté l'université et qu'il a commencé à vivre dans la rue : "J'ai vu à quel point les humains pouvaient être cruels envers les autres humains, et j'ai décidé que je ne voulais plus faire partie de cette espèce. Je suis donc devenu un homme-léopard", a-t-il confié.

Larry, Texas, 2015 (Photograph: Emilie Reginer)

Larry, Texas, 2015 (© Emilie Regnier)

Lors de son "tour du monde du motif léopard", Émilie Regnier a rencontré d'autres personnages hauts en couleur, des DJs parisiens aux dames de 60 ans entièrement drapées d'imprimés léopard en Afrique. Elle raconte que le plus intéressant était de découvrir comment le léopard était passé de la haute couture à la culture urbaine en seulement quelques décennies.

En 1947, Dior a été la première maison de haute couture à produire des vêtements et des fourrures léopard. Au début du 20e siècle, il était réservé aux "prostituées et aux femmes de petite vertu", explique Émilie Regnier. Depuis, il s'est largement répandu au point d'être l'imprimé le plus porté : des célèbres campagnes de Dolce & Gabbana aux podiums des fashion shows en passant par les concerts de Kanye West.

Madame Faye, Dakar, 2015(Photograph: Emilie Reginer)

Madame Faye, Dakar, 2015 (© Emilie Regnier)

Samuel Weidi, Kinshasa, 2015 (Photograph: Emilie Regnier)

Samuel Weidi, Kinshasa, 2015 (© Emilie Regnier)

Regnier a exposé ses photos à Paris Photo ce week-end.

Writer and photographer from South London, UK. If you want to get in touch please email me at: matthew.kirby@konbini.com