Un photographe américain et sa troupe d’enfants Avengers déclarent la guerre au harcèlement scolaire

Inspiré par la sortie du film Avengers : Infinity War, le photographe américain Josh Rossi a transformé en super-héros des enfants victimes de harcèlement scolaire.

© Josh Rossi

"Monstre", "attardé", "loser". Ces moqueries, Jackson, Grant, Cole, Morisi, Benson, Joshua, Sidney ou encore Leila les ont entendues plus d’une fois à leur encontre. Ils ont en commun de souffrir quotidiennement de violences physiques ou verbales dans leur école, tout comme les 20 % d’étudiants victimes de harcèlement scolaire aux États-Unis, recensés par la dernière étude menée en 2015 par le gouvernement américain.

Leur tort : être simplement différents de leurs camarades de classe, une différence qui s’incarne dans le physique pour Jackson, le genre pour Cole, ou encore l’origine pour Morisi. Rejetés, ils ont finalement trouvé, par l’intermédiaire du photographe Josh Rossi, le moyen de prendre leur revanche en images.

Super-héros IRL

Déjà à l’origine de la série Justice League Kids qui faisait poser des enfants atteints de cancers ou handicapés en Batman, Superman ou Flash, Josh Rossi a eu l’idée d’étendre son projet après avoir visionné la bande-annonce du dernier opus de Marvel, Avengers : Infinity War.

À rebours de l’expression "tous les héros ne portent pas de capes", Josh Rossi a décidé, une fois encore, de faire enfiler à ces jeunes héros invisibles au quotidien de véritables costumes de super-héros ; avec pour objectif, cette fois-ci, de former une alliance contre le harcèlement scolaire, à l’image des Avengers unis contre Thanos.

Le photographe s’est inspiré des témoignages recueillis avec l’aide de sa femme Roxana pour associer chaque jeune à un personnage proche de son parcours ou de ses spécificités, avant de travailler avec la designeuse Julie Whiteley qui a réalisé des costumes sur mesure.

À travers sa bande d’Avengers, qu’ils posent en armure rutilante d’Iron Man, soient suspendus dans les airs comme Spider-Man ou en version XXL comme Hulk, Josh Rossi espère impulser un changement, pour qu’accepter la différence devienne enfin une norme.

Leila a été suivie par un thérapeute pour sa dépression et son anxiété. Elle en a parlé à une copine de classe, mais un garçon l’a entendue et a commencé à se moquer d’elle quotidiennement. (© Josh Rossi)

Jackson est né avec une malformation au visage. Son père a posté sur les réseaux sociaux une vidéo expliquant le harcèlement vécu par son fils, que le photographe a perçu comme un appel à l’aide. (© Josh Rossi)

Quand Josh Rossi l’a rencontré, Grant n’était pas seulement harcelé à l’école. À l’église qu’il fréquentait chaque dimanche, un autre groupe de jeunes s’en est pris à lui, retirant sa chaise lorsqu’il s’asseyait, l’amenant à se taper violemment la tête pendant qu’ils le regardaient en riant. (© Josh Rossi)

Sydney souffre de dépression et d’anxiété sévères. Un an avant le projet, deux de ses amies ont commencé à l’insulter ou à l’ignorer. Sydney leur a demandé ce qu’elles feraient si elle venait subitement à mourir. Elles lui ont répondu qu’elles en seraient heureuses et qu’elles fêteraient ça. Sydney a songé à se suicider. (© Josh Rossi)

Benson est régulièrement traité de loser, humilié devant toute la classe et certains enfants lui ont dit qu’ils préféreraient qu’il soit mort. (© Josh Rossi)

Il manque à Jackson 35 % de son cervelet, ce qui entraîne chez lui des difficultés motrices et des différences comportementales. Les autres enfants lui crachent dessus et l’excluent de leurs jeux. Jackson lutte pour forcer son corps à faire des choses qu’on lui disait impossibles, tout comme Dr Strange. (© Josh Rossi)

Arrivée en cours de scolarité, Mia raconte avoir été menacée physiquement. La situation a empiré quand un groupe a commencé à s’acharner sur elle quotidiennement. Elle a été rabaissée, moquée et étranglée. (© Josh Rossi)

La mère de Joshua estime que le harcèlement que subit son fils vient de ses centres d’intérêt, différents de ceux des autres enfants de son âge. Depuis quatre ans, il est victime de coups, de crachats et de jets de nourriture. (© Josh Rossi)

Cole est gender-fluid et harcelé pour cette raison. Tout comme lui, l’identité de Vision n’était pas claire au moment de sa création, jusqu’à ce qu’il trouve ses super-pouvoirs. (© Josh Rossi)

Jaron est harcelé à cause de ses origines. Sa mère l’a un jour récupéré à la garderie saignant à l’aine et ne pouvant quasiment plus marcher. Alors qu’il grimpait dans la cage à écureuil de son école, son harceleur l’a frappé à la jambe, ce qui l’a fait tomber sur l’entrejambe. (© Josh Rossi)

Dorothy et sa famille (The Bucket List Family) sont influenceurs sur les réseaux sociaux, ce qui amène la jeune fille à être harcelée en ligne. Dorothy a voulu faire partie du projet pour être porte-parole des enfants victimes de cyberharcèlement. (© Josh Rossi)

Morisi est originaire de Tanzanie et est arrivé aux États-Unis en tant que réfugié sans savoir parler anglais. Les jeunes de son école se sont moqués de lui à cause de son origine et de son accent. (© Josh Rossi)

Benjamin est un enfant de 6 ans souffrant d’autisme. Il est harcelé par ses camarades de classe et se fait hurler dessus par certains adultes de son école qui ne comprennent pas son autisme. Il a été si traumatisé par la colère d’un de ces adultes à son encontre qu’il a régressé de quatre mois dans son développement émotionnel et mental. (© Josh Rossi)

Miles est atteint d’un trouble de l’attention avec hyperactivité. Se faire des amis et les garder est particulièrement difficile pour lui. Il est harcelé par les autres enfants de son école et a été agressé physiquement. (© Josh Rossi)

Frère du chanteur Justin Bieber, Jaxon a souhaité s’impliquer dans le projet. (© Josh Rossi)

Culturophile pratiquante.