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Des portraits poignants dévoilent les récits des victimes de l’attentat homophobe d’Orlando

Face à la terreur, des portraits et des mots.

Le 12 juin 2016, la ville d’Orlando et la communauté LGBTQI tout entière ont été meurtries dans leur chair. L’attaque d’un individu armé a fait 49 morts et de nombreux blessés. Depuis, les survivants de cet assaut et les familles des victimes font tout pour que la vie continue et pour surmonter leur deuil.

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"La dernière personne que j’ai vue était Anthony Laureano. Je l’ai vu et l’ai embrassé pour lui dire bonjour. J’étais à l’hôpital quand j’ai vu sa photo apparaître à la télé parmi celles des 49." Tradution : "Je t’ai embrassé pour te dire bonjour mais pas pour te dire au revoir." (© Daymon Gardner)

Pour leur rendre leur voix et donner un visage à leur peine, l’équipe du projet Dear World et le photographe Daymon Gardner, originaire d’Atlanta, ont contacté les personnes affectées par la fusillade d’Orlando afin qu’ils racontent leurs histoires.

Dear Orlando met en scène des amants, des proches, des parents, des urgentistes envoyés sur place et des survivants de l’attaque. Chaque portrait révèle la manière dont ces personnes ont vécu cette nuit dramatique. Leurs témoignages sur l’impact de cet évènement sur leur vie sont tous plus bouleversants les uns que les autres.

Parmi eux, il y a Barbara Poma, la propriétaire du club ; Mayra et Brian Alvear, la mère et le frère d’Andrea Alvear ; Mina Justice, la mère d’Eddie Justice qui a échangé des textos avec elle avant de mourir ; et John Mina, le chef de la police d’Orlando. Collectivement, ils expriment leur histoire à travers leurs portraits et leurs mots, toujours marqués par les évènements douloureux de cette nuit-là.

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"C’était un rêve mais qui me paraissait tellement réaliste… Eddie me prend dans ses bras et m’embrasse. Ce baiser et cette étreinte semblent si réels… Jamais un rêve n’avait été aussi réaliste. Il me dit : 'Merci.' Ce mot : merci… Ensuite il dit : 'Mais je dois partir, il est temps.'" Traduction : "Mais je dois partir, il est temps." (© Daymon Gardner)

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"J’ai mis des cous de dinde à bouillir. Quand ils étaient bien cuits et que la viande se détachait des os, j’ai ajouté de la soupe de champignons dans l’eau, pour que cela fasse comme une sorte de sauce à mettre dans le riz et le chou. C’était notre dernier repas. Notre dernier repas ensemble." Traduction : "Notre dernier repas ensemble était fait de cous de dinde, de riz et de chou." (© Daymon Gardner)

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"La dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, elle animait un karaoké dans un bar gay. Elle m’a envoyé une photo d’elle qui fronçait les sourcils où elle disait : 'J’ai essayé de t’appeler parce que j’anime un karaoké mais tu es occupée'. Le lendemain elle était morte." Traduction : "Ils seront toujours trois." (© Daymon Gardner)

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"J’avais des crises d’angoisse, je me disais : 'Est-ce que la vie va être la même ? Suis-je de nouveau en sécurité ?'" Traduction : "Dans l’obscurité de ma chambre d’hôpital, je lui ai pardonné." (© Daymon Gardner)

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"La dernière fois que je l’ai vu c’était devant le club ce soir-là. Il est venu tôt, il m’a enlacé et embrassé. Il a dit : 'Je suis vraiment heureux d’avoir rencontré quelqu’un, tu n’es pas n’importe qui'. Il est rentré dans le club et c’était fini." Traduction : "Le visage de Jonathan est devenu tout rouge, nous l’avons éventé." (© Daymon Gardner)

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"Avant la fusillade, la dernière fois que je l’avais vu, c’était à mon arrivée aux États-Unis. Il avait 2 ans. J’ai dû attendre 11 ans pour revoir mon fils." Traduction : "Je l’ai entendu me dire : 'Papa, je veux être pilote.'" (© Daymon Gardner)

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"Voir plusieurs personnes se faire assassiner, être retenus en otage, être touchés par les balles et voir le ciel tomber sur nos têtes avant de finir à l’hôpital, ça fait beaucoup de choses que les gens ne comprendront jamais." Traduction : "Il m’a dit : 'Tu dois sortir de ta coquille.'" (© Daymon Gardner)

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"Cette nuit-là, au Pulse, il n’était pas là. Nous devions fêter nos anniversaires ensemble, je ne savais pas où il était… Quand je suis sorti du club, je l’ai trouvé au milieu de la route en train de crier. On s’est serré dans les bras comme jamais auparavant." Traduction : "Chris aimait passer du Britney Spears en partant en road trip." (© Daymon Gardner)

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"Les téléphones ont commencé à sonner dans tous les sens. Celui qui m’a touché était à juste à côté de mon pied, un iPhone qui n’arrêtait pas de sonner, de sonner." Traduction : "J’aurais voulu qu’ils puissent répondre à leur téléphone." (© Daymon Gardner)

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"Leslie, une de nos volontaires en chef, ne savait pas comment gérer cet appel. C’était une mère qui demandait où était son fils. 'Est-ce que vous avez des nouvelles de mon garçon ?'" Traduction : "Je n’étais pas en mesure de lui donner la réponse qu’elle attendait." (© Daymon Gardner)

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"On était amis depuis le primaire. On avait l’habitude d’écrire nos initiales partout. JAM. Josean. Amanda. Mercedes." Traduction : "La musique continue J.A.M. sur J.A.M." (© Daymon Gardner)

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"Je suis allé chez lui. Je suis entrée et je me suis dit : 'Il est là, je vois ses chaussures'. J’étais sur place depuis moins de 10 minutes quand le FBI a appelé… Il était la sixième personne à avoir été identifiée. Eddie Justice." Traduction : "Je suis allé dans sa chambre et il n’y était pas." (© Daymon Gardner)

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"Je partageais tout avec Jean. Je lui ai raconté mon premier baiser. Je lui en parlais avant ma mère parce que c’est plus difficile de lui parler. Jean me comprenait immédiatement." Traduction : "Il m’a donné une place. J’ai trouvé ma famille." (© Daymon Gardner)

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"Elle était avec nous comme une lionne avec ses lionceaux. Elle disait toujours : 'Si je meurs, je ne veux pas que vous soyez triste, parce que j’ai bien vécu'" Traduction : "Elle s’est changée et a enfilé un jean et une chemise." (© Daymon Gardner)

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"Vous pouvez sûrement voir à mes cernes que j’ai du mal à dormir. Honnêtement, ça a été une année difficile." Traduction : "On kiffait juste la musique." (© Daymon Gardner)

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"Nous attendions que ça passe, mais ça ne passait pas. Cela continuait encore et encore. Cela se rapprochait de plus en plus près, et soudain, j’ai réalisé que je n’avais nulle part où aller. J’étais piégé. Il n’y avait aucun moyen de fuir." Traduction : "Il n’y avait aucun endroit où se cacher." (© Daymon Gardner)

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"J’ai pris ces balles et la seule chose que j’avais en tête, c’était mes enfants. Être capable de sortir, et que mon fils puisse m’appeler son super-héros, ça m’a donné le courage de continuer." Traduction : "Batman, Superman, Hulk. J’étais son préféré." (© Daymon Gardner)

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet