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Une série photo revient sur l’histoire des Mille-clubs

Le photographe Raphaël Firon nous présente les Mille-clubs, un projet initié dans les années 1960 par le ministère de la Jeunesse et des Sports afin d’unir toute une génération.

Pouxeux. (© Raphaël Firon)

C’était en 1967, la jeunesse française aspirait à plus de liberté. C’est alors que le ministre de la Jeunesse et des Sports lance le projet "opération Mille-clubs" : des lieux qui permettront aux jeunes de se rencontrer, d’échanger et de construire leurs propres espaces de vie sociale. Chaque club doit être identique, quelle que soit la région ou la taille de la commune – urbaine ou rurale –, et assurer un accès égalitaire aux animations socioculturelles sur tout le territoire.

Les Mille-clubs sont prévus pour être aménagés d’un intérieur avec un coin "veillées" permettant l’installation de fauteuils ou chaises autour d’une cheminée. En plus d’une petite cuisine et d’un coin "jeux" suffisamment grand pour contenir au moins un billard et un baby-foot, le tout, à la charge de la municipalité. Cependant, après la construction des clubs entre 1968 et 1982, ce sont aux jeunes, éducateurs et bénévoles d’organiser des activités et d’entretenir les clubs : un moyen de les responsabiliser.

Mais cela n’aura duré qu’un temps. En effet, l’emplacement des structures n’était pas stratégique, car elles étaient le plus souvent implantées dans de petites communes. Il n’y avait donc pas assez d’enfants et adolescents pour s’investir totalement dans la vie des Mille-clubs. C’est alors qu’avec le temps, ces salles ont commencé à accueillir des activités plus familiales : cours de peinture, de tricot et même tournois de bridge. On pouvait même louer ces espaces pour des mariages, ce qui les réaffecta en salles publiques et polyvalentes multigénérationnelles. Aujourd’hui, la plupart de ces clubs ont été abandonnés, ou rasés, d’autres sont en attente de réhabilitation, mais quelques-uns continuent toujours d’être exploités pour diverses activités.

"La mémoire s’évanouit et embellit les choses. Alors que les images restent intègres"

Intéressé par ce sujet, Raphaël Firon, photographe et vidéaste, s’en est allé parcourir la France pour aller à la découverte de ces Mille-clubs. De Delme à Gérardmer en passant par Bitche, le photographe nous offre un tour d’horizon de tous ces petits villages français, et nous livre une série d’images ravissante. Pour l’artiste : "Toute personne qui fait un arrêt sur image à un moment donné, quel que soit le medium, est un témoin de son temps. La mémoire s’évanouit et embellit les choses. Alors que les images restent intègres."

Son travail porte majoritairement sur l’architecture, le paysage, et le côté chaotique de l’urbanisme. Il ne rejette pas l’humain dans la photographie ou dans l’image en général, néanmoins, il juge que l’acte photographique est une affaire qui nécessite de la solitude : "On est toujours seul à regarder dans son viseur", peut-on lire sur son site. Sa série Une utopie française est douce, lumineuse et colorée, mais reste en même temps très épurée. De quoi offrir un léger brin de poésie dans l’architecture de toutes ces petites communes, et de tous ces clubs oubliés.

Delme. (© Raphaël Firon)

Contz-les-Bains. (© Raphaël Firon)

Bitche. (© Raphaël Firon)

Gérardmer. (© Raphaël Firon)

Niderviller. (© Raphaël Firon)

Lorry-lès-Metz. (© Raphaël Firon)

Dommartin-lès-Remirmont. (© Raphaël Firon)

Vous pouvez aussi suivre l’artiste sur Instagram et Flickr.

i’m quite cheesy sometimes.