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À la rencontre des Waraos dans la jungle vénézuélienne avec Álvaro Laiz

Wonderland, c’est l’immersion photographique auprès des Waraos, un peuple amérindien. Une fois encore, le photographe Álvaro Laiz nous surprend avec une série de photos issues d’une zone géographique extraordinaire : le delta Amacuro, dans l’est du Venezuela.

Andres Medina (© Alvaro Laiz)

Andres Medina. (© Álvaro Laiz)

Cela fait près de 8 500 ans que le peuple des Waraos habite ces 2 millions d’hectares sauvages remplis de marécages. La lutte qu’ils ont dû mener au cours des siècles contre les violentes vagues de colonialisme a participé à forger le solide attachement des Waraos à leurs traditions. Un mode de vie unique dont la série de photos Wonderland, signée Álvaro Laiz, constitue un rare et précieux témoignage.

La jungle qui longe le fleuve Orénoque

Le delta Amacuro est une région très isolée du Venezuela, notamment en raison de l’écosystème propre à la forêt tropicale souvent inondée. La terre est inapte à l’agriculture et l’exploitation forestière a été jugée bien trop difficile en raison de l’inaccessibilité du lieu. Un isolement naturel qui, au-delà d’être une contrainte géographique de taille, s’avère être par ailleurs un rempart à la plus grande menace des Waraos : l’exploitation pétrolière.

Il s’agit donc d’une des régions les plus inhospitalières du monde (comme les apprécie le photographe Álvaro Laiz), éloignée et encerclée d’une nature dense et opaque, berceau de nombreuses croyances mystiques.

Les Waraos, héros contemporains ?

Ces kilomètres de forêt tropicale marécageuse sont le nid d’un peuple amérindien hors du commun : les Waraos. Selon les anthropologues, "Wa-" signifie "homme/navigateur" et "-Rao" signifie "barque/pirogue". Un nom qui coule de source, les Waraos se déplaçant presque uniquement en pirogues, soit de petite taille soi des modèles plus grands appelés "bongo" sur lesquels on peut faire monter jusqu’à 50 personnes.

Ils se sont battus avec ferveur pour préserver leur culture, leurs mythes et croyances. Avec Wonderland, Álvaro Laiz livre un superbe panorama ethnique des Waraos. Il mêle à la fois de fabuleuses images des paysages insolites qu’ils habitent avec des portraits vibrants mais aussi des tableaux magnifiques de scènes de leur vie, difficile mais fascinante.

Des photos pour envisager le genre autrement : la "bispiritualité"

Outre l’exotisme du paysage photographié par Álvaro Laiz, cette série aborde le sujet de la "bispiritualité", aussi connue sous le nom de "berdache". On retrouve ainsi dans plusieurs sociétés amérindiennes cette catégorie d’individus que l’on appelle "êtres aux deux esprits". Il s’agit de personnes qui n’adhèrent pas aux normes du genre connues en Occident. Comme dans la plupart des communautés amérindiennes, les Waraos considèrent qu’il existe des personnes qui ne sont ni des hommes ni des femmes, ils les appellent "Tida Wena". Ils peuvent alors occuper des positions sociales et faire des activités indépendamment de leur sexe.

Álvaro explique que les Waraos qu’il a côtoyés sont très réticents à l’idée de discuter de leurs traditions bispirituelles avec des étrangers. En effet, ils ressentent une certaine incompréhension, qui mure l’esprit des Occidentaux face à ce sujet. Le photographe ajoute que même si leur position géographique les isole du reste du Venezuela et qu’ils ont gardé leur mode de vie unique, le peuple des Waraos est extrêmement sensible à l’influence extérieure.

Wonderland offre ainsi la possibilité de découvrir ce peuple aux traditions rares et fascinantes à travers l’œil curieux mais respectueux d’Álvaro Laiz, amoureux des régions fantastiques. La survie de ce peuple amérindien est malheureusement très menacée par l’augmentation fulgurante de la mortalité infantile et par la propagation accélérée du VIH, qui s’abat dans cette région du delta Amacuro.

Andres, Tida Wena de 39 ans dans une robe warao traditionnelle. (© Alvaro Laiz)

Andres, Tida Wena de 39 ans dans une robe warao traditionnelle. (© Álvaro Laiz)

D'après les ONG qui se sont rendus là-bas, presque 80% de la population est porteur du VIH. (© Alvaro Laiz)

D’après les ONG qui se sont rendues là-bas, presque 80 % de la population est porteuse du VIH. (© Álvaro Laiz)

Un homme portant un crocodile qu'il vient de tuer, tradition ancestrale. (© Alvaro Laiz)

Un homme portant un crocodile qu’il vient de tuer, tradition ancestrale. (© Álvaro Laiz)

Vous pouvez retrouver le travail d'Álvaro Laiz sur son compte Instagram ou son site personnel.