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Reportage : dans les couloirs de la première école pour les transgenres d’Amérique latine

Une journaliste belge nous emmène à la découverte de cet établissement pas comme les autres à Buenos Aires.

© Alisha Van Bever

Diplôme de journalisme en poche, la photographe belge Alisha Van Bever a décidé de se rendre à Buenos Aires, en Argentine, en quête d’un sujet sur le thème de l’injustice sociale, son domaine de prédilection.

Une fois sur place, elle s’est engagée auprès de l’organisation humanitaire Médecins du monde, et le hasard a voulu qu’elle partage un appartement avec Francisco Quiñones, un activiste LGBTQ+ qui travaillait sur un projet qui a tout de suite attiré son attention.

Alors qu’il filmait un documentaire sur la communauté transgenre du quartier rouge au côté de Miguel Nicolini, lui aussi activiste LGBTQ+, Francisco Quiñones a découvert que la plus grande difficulté rencontrée par les personnes transgenres était leur manque d’éducation. La discrimination dont elles sont victimes les pousse souvent à arrêter leurs études.

Francisco Quiñones et Miguel Nicolini ont donc décidé d’ouvrir ensemble la première école d’Amérique du Sud pour les personnes transgenres. Fondée en 2012, l’école Mocha Celis porte le nom d’une personne transsexuelle assassinée par la police dans les années 1990.

"Je leur ai demandé si je pouvais les suivre avec mon appareil photo pour rendre compte de leur situation et de leurs initiatives", nous raconte Alisha Van Bever. Toute l’équipe de l’école l’a accueillie à bras ouverts, et elle est rapidement devenue un membre du groupe à part entière.

Si elle s’adresse en priorité aux personnes transgenres, l’école Mocha Celis est ouverte à tous. Des cours sur le genre et l’orientation sexuelle y sont donnés, et les diplômes du primaire et du secondaire qui y sont délivrés sont reconnus par l’État.

© Alisha Van Bever

Les élèves de l’école sont très impliqués dans le mouvement LGBTQ+, particulièrement parce qu’en Argentine, la violence est la première cause de décès des personnes transgenres. Ils ont même créé un groupe militant où les activistes peuvent se rassembler pour organiser des conférences et des manifestations.

À ce jour, leur plus grande victoire a été la mise en place d’un quota d’employés transgenres dans la fonction publique argentine, ainsi que la loi sur l’identité de genre, qui leur permet de changer leurs papiers d’identité sans avoir à justifier d’une thérapie hormonale ou d’une opération chirurgicale de changement de sexe.

En partageant son reportage avec le monde, Alisha Van Bever espère donner de la visibilité aux revendications et aux parcours des étudiants de l’école : "J’ai monté ce projet pour montrer que, même s’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir pour qu’ils soient inclus dans la société, les choses avancent."

© Alisha Van Bever

© Alisha Van Bever

Miguel, un des directeurs de l’école, étreint Alma à sa remise de diplôme. Il y a 3 ans, il est allé la trouver dans le quartier rouge et l’a convaincue de reprendre ses études. Elle m’a dit : "Je m’en fiche un peu des cours à Mocha Celis, mais c’est le seul endroit qui m’a appris l’amour et le respect." Elle est actuellement en train de poursuivre ses études à l’université. (© Alisha Van Bever)

© Alisha Van Bever

© Alisha Van Bever

© Alisha Van Bever

Flavia se peint des bleus sur le corps pour dénoncer la violence à l’encontre des personnes transgenres. (© Alisha Van Bever)

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© Alisha Van Bever

Rendez-vous sur le site d’Alisha Van Bever et sur son compte Instagram pour en savoir plus sur son travail. Vous pouvez également suivre la vie à l’école Mocha Celis en la suivant sur Facebook.

Traduit de l’anglais par Sophie Janinet