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De New York au Kentucky, William Gedney a immortalisé les États-Unis avec sensibilité

Du 28 juin au 1er septembre 2017, le Pavillon populaire de Montpellier rend hommage à un "oublié de la photographie américaine", William Gedney.

San Francisco, 1967 (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

San Francisco, 1967. (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

La deuxième moitié du XXe siècle a vu naître bon nombre de maîtres de la photographie, ceux dont l’œuvre a survécu à leur décès. Une partie de ces grands photographes est originaire des États-Unis, et les noms de Diane Arbus, Richard Avedon, Irving Penn ou de Walker Evans font partie d’un patrimoine commun impressionnant. Cependant, certains photographes de la même époque ont vu leur œuvre passer sous silence.

C’est le cas de William Gedney, que le Pavillon populaire de Montpellier (qui lui consacre une exposition cet été) qualifie de "photographe le plus mystérieux et le moins connu de la génération américaine, parvenu à la maturité dans les années 1960 à 1980". Cette qualification viendrait autant du photographe lui-même, très discret et peu enclin à promouvoir son art, que de facteurs extérieurs, notamment l’absence quasi totale d’expositions dédiées à son travail de son vivant.

Photographe du réel

Pourtant, les œuvres de William Gedney valent le détour. Particulièrement attiré par la documentation du réel, il tourne son objectif du côté de zones rurales, en immortalisant le Kentucky à la fin des années 1950, et urbaines, puisqu’il photographie aussi New York, ville dans laquelle il réside majoritairement.

Ses monochromes retranscrivent les sentiments adolescents et sensuels de ses sujets "à mille lieues de tout effet spectaculaire", précise le commissaire de l’exposition, Gilles Mora. De façon plus particulière, il couvre aussi les parades gays des années 1980 et les mouvements hippies de San Francisco. Le photographe meurt avant d’avoir atteint la soixantaine : il est une des premières victimes du sida.

Si son approche est documentaire, elle est tout de même marquée par son style, sa "façon particulière de se positionner devant le réel". Il capte des regards et des attitudes qui donnent une amplitude supplémentaire à ses photographies et rendent ses modèles anonymes proches des spectateurs. Ces quelques décennies nous paraissent tout à coup familières et les images ont ce caractère intemporel qui fait de simples photos des images marquantes, même après la mort de l'auteur.

Cornett girls, Kentucky, 1964, (Big Rock, Kentucky) (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

Cornett girls, Kentucky, 1964. (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

Kentucky, 1964, Johnny Cornett, Big Rock Holler. (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

Johnny Cornett, Big Rock Holler, Kentucky, 1964. (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

Kentucky, August 1972 (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

Kentucky, August 1972. (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

San Francisco, December 1975, GAY RALLY (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

Gay Rally à San Francisco, December 1975. (© William Gedney/David M. Rubenstein Rare Book & Manuscript Library at Duke University)

William Gedney, Only the Lonely est exposée au Pavillon populaire de Montpellier du 28 juin au 1er septembre.