© Nicky Johnston

Ai-Da, le robot artiste qui a vendu des œuvres pour plus d'un million de dollars

Avant même l'ouverture de sa première exposition à Oxford, Ai-Da aurait déjà rapporté 1,2 million de dollars selon son créateur.

À partir de jeudi 12 juin et jusqu’au 6 juillet, c’est une exposition particulière qui prendra place dans une galerie de l’université d’Oxford. Intitulée "Unsecured Futures", elle présentera huit dessins, vingt peintures, quatre sculptures et deux vidéos, œuvres d’Ai-Da, le premier humanoïde artiste.

Commandée par l’inventeur et galeriste Aidan Meller, Ai-Da a été fabriquée par l’entreprise Engineered Arts, celle-là même qui fabrique les robots de la série Westworld. Ses bras articulés ont été imaginés par des ingénieurs de Leeds, et les algorithmes et l’articulation de l’ensemble ont été coordonnés par Meller lui-même aux côtés de chercheurs d’Oxford. Le nom d’Ai-Da a été choisi en hommage à Ada Lovelace, mathématicienne et précurseure en programmation informatique.

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Le robot a commencé à créer en février 2019, sans intervention humaine. Ses yeux sont équipés de caméras qui envoient une image au système lequel traduit ensuite l’information en une série de traits. Une interprétation "originale" mais préprogrammée par le code de la machine.

Aidan Meller dit s’intéresser au potentiel créatif de l’intelligence artificielle qui ouvrirait de nouvelles perspectives plutôt que de remplacer les artistes. Pour le moment, Ai-Da ne peut manipuler que des crayons et des stylos : les œuvres sont ensuite imprimées sur des toiles. Les fonds récoltés par la vente de ses travaux artistiques devraient être reversés à la recherche autour de l’IA. Avant même que son exposition n’ouvre ses portes, ses œuvres se sont vendues comme des petits pains, rapportant ainsi 1,2 million de dollars à son créateur.

Néanmoins la démarche lancée par Meller suscite des critiques, et le site Artnet est particulièrement virulent, notamment à propos de la vitesse de production du robot, capable d’achever une nouvelle œuvre toutes les 45 minutes, ce qui, comme le souligne la journaliste Naomi Rea, pourrait se révéler particulièrement lucratif pour les marchands d’art. Elle conclut que cette utilisation du robot est en fait un "fantasme misogyne et capitaliste".

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Par Apolline Bazin, publié le 10/06/2019

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