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À Montréal, la thérapie par l’art se démocratise

Depuis 2017, Stephen Legari mène des sessions d'art-thérapie salvatrices au musée des Beaux-Arts de la ville.

Le bien-être, c’est so 2010. Aujourd’hui, l’heure est au mieux-être et c’est dans cette perspective-là que le musée des Beaux-Arts de Montréal s’est lancé tête la première dans l’art-thérapie. Derrière ce nom tout de même assez limpide, on lève le voile sur une méthode peu conventionnelle qui se répand petit à petit chez nos amis canadiens : soigner par l’art.

Par le biais de divers procédés relatifs à l’art, il s’agit d’aider des personnes ciblées à aller mieux. Ce type de thérapie peu commune vise, par exemple, les individus vivant avec des troubles mentaux, alimentaires ou appartenant au spectre de l’autisme. Les personnes souffrant de handicaps physiques ou bien rencontrant des problèmes d’intégration sociale sont également encouragées à prendre part à ce programme.

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Mais concrètement, en quoi consiste l’art-thérapie ? Il y a plusieurs façons de la mettre en place. Ce peut être par des visites d’expositions en compagnie d’un éducateur, souvent organisées en groupe. Mais la thérapie par l’art se met aussi en œuvre à travers des ateliers créatifs, comme l’explique Stephen Legari :

"L’art-thérapie est une pratique thérapeutique où l’on peut explorer vos sentiments, vos souvenirs, vos désirs, vos pensées à propos de vous-même et de votre vie en faisant de l’art – et ensuite en réfléchissant aussi sur ce dernier. Dans l’art-thérapie, on se focalise sur le processus de création d’art, sur le fait de faire de l’art et voir ce que ça nous fait ressentir."

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Pour la petite info, Stephen Legari est le tout premier art-thérapeute d’Amérique du Nord à être employé dans un musée, en l’occurrence celui des Beaux-Arts de Montréal. Il y exerce depuis 2017 et rencontre un peu plus d’un millier de patient·e·s par an – oui, rien que ça. Notons tout de même que le Canada reste très ouvert aux méthodes de soin alternatives, avec par exemple la possibilité pour les médecins de prescrire des visites muséales gratuites à leurs patient·e·s.

Jusqu’ici, les retours sur l’art-thérapie – qui est d’ailleurs présente au Royaume-Uni aussi – sont plus que réjouissants, avec une incidence bénéfique reconnue par plusieurs chercheurs québécois. Néanmoins, ces visites salvatrices ne se substituent pas à un traitement approprié ou à des échanges plus classiques avec un·e psychiatre ou un·e psychologue.

"Beaucoup de gens vont choisir l’art-thérapie parce qu’ils ont fait de la thérapie par la parole avant ça et ont atteint un point où ils veulent essayer quelque chose de différent", précise Stephen Legari. "Ils veulent apprendre à s’exprimer et exprimer la complexité de leur expérience d’une nouvelle façon. Ce n’est pas un remplacement de la thérapie par la parole. Nous ne sommes pas en compétition." En d’autres termes, ces deux types de thérapies peuvent fonctionner conjointement, main dans la main, pour mieux accompagner la personne vers un mieux-être.

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Par Florian Ques, publié le 27/05/2019

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