© Saher Miari/Via Haaretz

Un artiste palestinien exclu d'une exposition en Israël à cause de sa nationalité

L'artiste palestinien Saher Miari dénonce un "acte de racisme éhonté".

À la mi-janvier, des étudiant·e·s en histoire de l’art de l’université d’Haïfa, au nord d’Israël, organisaient une exposition présentant les œuvres de Saher Miari. L’artiste palestinien exposait son travail aux côtés d’autres artistes dans "Construction in Progress" au sein du musée Hecht, situé sur le campus de la faculté.

À quelques jours d’une conférence que devait tenir Saher Miari, la fondation Hecht (qui finance le musée éponyme) a décidé d’annuler la prise de parole de l’artiste et de déplacer ses œuvres, à cause de son origine palestinienne :

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"Compte tenu de l’expérience passée, nous savons que la fondation ne permettrait pas qu’une conférence soit donnée par un artiste palestinien au sein du musée. Nous aurions pu éviter ces désagréments si vous m’aviez donné toutes les informations concernant l’événement que vous souhaitiez mettre en place", a écrit la directrice du musée, Shunit Netter-Marmelstein, dans une lettre adressée aux organisateur·rice·s, rapporte le site Haaretz.

Depuis cette annonce, l’exposition a été déplacée dans un couloir menant à une bibliothèque. Saher Miari a partagé son émotion avec Hyperallergic face à cet "acte éhonté de racisme" : "J’étais moi-même étudiant à l’université [d’Haïfa] et je collabore toujours avec eux. Et aujourd’hui, leur musée me dit que je n’ai rien à faire ici."

Solidarité avec Saher Miari

L’administration de l’université n’ayant pas été informée de cette décision, de nombreux membres de l’établissement, ainsi que des artistes, ont réagi en solidarité avec Saher Miari. La curatrice de l’exposition, Smadar Schindler, a décrit cette décision comme étant complètement "incompréhensible" et "inacceptable". "Ils ont dépassé les limites", a-t-elle ajouté. L’artiste israélien Ram Samocha a, quant à lui, exprimé sa solidarité en demandant au musée de retirer ses propres œuvres de l’espace réservé.

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Détail de l’exposition "Construction in Progress". (© Saher Miari)

Le professeur Gur Alroey, doyen du département des Humanités de l’université s’est fendu d’une lettre envoyée au président de la faculté d’Haïfa :

"Ce n’est pas difficile d’imaginer la tempête qui serait survenue si la curatrice d’un musée européen avait envoyé un courriel similaire au chef d’un département et avait remplacé le mot 'palestinien' par 'juif'. J’ai honte, en tant que doyen, membre de l’administration et en tant que citoyen."

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La conférence de Saher Miari a fini par avoir lieu dans un autre endroit, hors du musée, mais l’affaire continue de faire du bruit et de rassembler celles et ceux qui voient bien là un acte raciste anti-palestinien, exprimé haut et fort.

Par Lise Lanot, publié le 28/01/2020

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