© Miles Greenberg

Ce week-end, le festival de performances Do Disturb vous invite à l’indiscipline

Focus sur trois performeuses féministes.

Do Disturb et le Palais de Tokyo fêtent cette année leurs noces de bois avec une jeune scène contemporaine qui bouscule les codes. Cinq ans déjà que le festival d’arts performatifs met le sculptural musée en ébullition, en se faisant pendant quelques jours l’observatoire exaltant des nouvelles pratiques artistiques.

Pour cette nouvelle édition, qui se tiendra du 12 au 14 avril, Vittoria Matarrese, fondatrice et commissaire générale de l’événement, a de nouveau invité une trentaine d’artistes à livrer leur grille de lecture de l’art contemporain, au croisement des disciplines et des univers.

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Dewey Dell. (© Federica Giorgetti)

De la plage tropicale où Höel Duret, au côté de Tanguy Malik Bordage, se fait l’héritier de Thomas Pynchon, au tarot pop de Jimmy Beauquesne, en passant par le plateau de télévision façon Late Show de Medhi Bensainou ou encore les interprétations "céline-dionesque" d’Ophélie Demurger, Do Disturb promet une exploration réjouissante des chemins de la création.

Avec pour point d’orgue, le questionnement des concepts de genre et d’héritage culturel. Focus sur trois artistes qui placent l’identité au cœur de leur démarche.

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Lacey Dorn, Blond-demand

Lacey Dorn. (© Christopher Stach/Paul Kasmin Gallery)

"Blondes Have More Fun", chantait Rod Stewart. Les hommes préfèrent les blondes, titrait Howard Hawks. Incendiaires, mystérieuses, candides ou glaciales, les femmes toutes d’or coiffées attisent l’imaginaire culturel depuis des décennies. Sur grand écran, la blonde se décline sous toutes ses formes, parfois jusqu’au stéréotype. Une imagerie cinématographique à laquelle Lacey Dorn, passée devant et derrière la caméra, prête ses traits, sa voix, son corps… et ses orgasmes simulés.

De Basic Instinct à Clueless, l’artiste enfile, à la commande et sur fond vert, les costumes virtuels des blondes qui ne nous ont pas laissé·e·s indifférent·e·s. Une réflexion à taille humaine déroutante sur les fantasmes conscients ou non, associés à une chevelure.

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Mercedes Dassy, i-clit

Mercedes Dassy. (© Hichem Dahes)

Ondulante, brute, séduisante, vociférante, à demi-nue ou masquée, Mercedes Dassy manie l’ambiguïté au fil de ses pas de danse. Une même frontière floue qui marque le féminisme pop, ce féminisme de masse 2.0 que la jeune danseuse et chorégraphe belge explore à la lisière de la danse, du théâtre, de la performance et de la vidéo.

Comme dans un clip, Mercedes Dassy s’approprie les mouvements signatures de pop stars pour en décrypter le féminisme ambivalent, qui fait du corps le sujet autant que l’objet. Entre sexualisation à outrance et codes de genre, la danseuse livre une vision corporelle du girl power à l’ère de l’hyperconnectivité. Beyoncé ne lui donnera pas tort.

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Melanie Bonajo, Night Soil

Melanie Bonajo. (© Courtesy of Melanie Bonajo & AKINCI)

La trilogie de courts-métrages Night Soil, de l’artiste néerlandaise Melanie Bonajo, est née d’une inquiétude concernant l’état du monde, d’une nécessité d’organiser la résistance contre le capitalisme et le patriarcat à l’époque du tout-digital.

En fil rouge s’y décline l’idée que l’espèce humaine est formatée pour en vouloir toujours plus, pour vivre constamment avec l’impression d’un manque, et qu’au milieu du bruissement du monde, la voix des femmes n’est pas assez entendue, ou jugée et condamnée.

Dans un style semi-documentaire, Melanie Bonajo explore à travers l’imagination des alternatives éthiques radicales, voire illégales, en prenant soin de remettre le féminin au cœur du combat.

Medhi Bensainou. (© Alexandre Zimmermann)

Matty Davis et Ben Gould. (© Patricia Bordallo Dibildox)

"Céline et moi" sur fond vert, 2016-2018. (© Ophélie Demurger)

"Céline et moi", 2016, d’Ophélie Demurger. (© Magaly Million)

© Miles Greenberg

I Figli di Marla. (© Turlach O’Broin)

© Jacopo Jenna

Harley Swedler. (© Harley Swedler)

Koichiro Tamura. (© Bozzo)

Yoan Sorin. (© Emile Ouroumov)

Victoria Sin. (© Eric Lopez)

Kristin Ryg Helgebostard. (© Tale Hendnes)

Delphine Roche. (© Justino Esteves)

Catarina Miranda. (© Maria do Carmo Louceiro)

Reza Mirabi. (© Eudes de Santana)

Gery Georgia. (© Manuela Berczowski)

Ingri Fiksdal. (© Briony Campbell)

© Hoël Duret

© Claude Cattelain

Festival Do Disturb du 12 au 14 avril 2019 au Palais de Tokyo à Paris. Toute la programmation est à retrouver ici.

Par Aude Jouanne, publié le 12/04/2019

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