À Paris, une expo collective explore la symbolique du rose

Du rose bonbon au fuchsia en passant par le pastel.

Guillaume Lebègue, "Tilda", 2018. (Photo : © Simon Petit-Fort)

Qu’il symbolise l’oppression, la subversion ou la transgression, le rose est une couleur traversée par le pouvoir. Utilisé pour vendre à travers des stratégies de "gender marketing", le rose est la couleur qui est destinée aux petites filles et par extension aux futures femmes. Par ce code couleur, on fait intégrer aux plus jeunes d’entre nous que leur genre va déterminer leurs goûts, centres d’intérêt et leurs activités, et leur donner certaines prédispositions. On leur impose des teintes pour les définir, ce qui renforce, sans qu’on s’en rende compte, un système patriarcal.

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Si l’éventail de couleurs considéré comme "masculin" par nos publicitaires est varié (allant du bleu au vert en passant par le marron et le jaune), le camaïeu féminin reste majoritairement rose. Dès lors, son omniprésence peut être considérée comme une oppression. À l’inverse, cette couleur est aussi revendiquée et utilisée comme un code pour dénoncer, pour affirmer un féminin trop souvent déprécier ou démonter une masculinité toxique.

C’est donc autour de cette couleur chargée de sens et d’histoire(s) que l’exposition "50 Nuances de rose" s’est construite, réunissant des artistes suivant ce même "fil rose". Si travailler autour d’une couleur peut sembler n’être qu’une contrainte formelle, l’exposition se veut au contraire profonde et engagée, comme l’explique Kevin Bideaux, commissaire de l’exposition ;

"Résolument féministe et sans conteste queer, le rose stigmate devient ici le drapeau des marges, celui des minorités de genre, de sexualité, de classe, qui sait passer outre le cliché tout en (se) jouant des stéréotypes."

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Ce sont donc 46 artistes français et internationaux qui se sont réunis sous l’étendard du rose. Chacun, avec son approche et sa sensibilité, a tenté de mettre en évidence la richesse sémiologique du rose en contournant son apparente superficialité.

En plus de montrer près d’une centaine d’œuvres contemporaines, l’exposition permet d’apprendre l’histoire de cette couleur et les différentes symboliques qu’elle a pu avoir à travers les âges. Installée au 59 rue Rivoli à Paris, l’exposition accueille trois performances — réalisées par Valentine Vera, Elena Tyushova, Marguerite Lantz et Françoise de Tartinville — le vendredi 23 novembre et hébergera un tatoueur qui réalisera des motifs roses le 24 novembre prochain. L’occasion de se questionner sur le pouvoir d’une couleur et de déverrouiller certaines idées reçues.

Bastek, "N° 739", 2018. (Photo : © Simon Petit-Fort )

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FullMano, "Les 3 petits cochons", 2016. (Photo © FullMano)

Barbara Fulneau, "Porosity - Leaky Landscape", 2018. (Photo : © Simon Petit-Fort)

Aphrodite Fur, "P.V. Collection", 2018. (Photo : © Aphrodite Fur)

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Manon Ka, "Ma Chair Peinture", 2018. (Photo : © Manon Ka)

Julie Maresq, La couleur des filles, 2018.

Vincent Prieur, "Vigile", 2008. (Photo : © Vincent Prieur)

Suzanna Scott, "Pink Coin Cunt (detail)", 2018. (Photo : © Simon Petit-Fort)

Natacha Guiller, "SNG Water Project", installation in situ, 2018. (Photo : © Alexis Komenda)

Olivier Thuillier, Ma part de féminité, 2018.

Azel, "Sainte Dolly", 2018.

"50 nuances de rose", du 16 au 24 novembre, à la galerie 59 rue de Rivoli, 75001 Paris.

Par Lisa Miquet, publié le 23/11/2018

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