« L’Origine du monde », Gustave Courbet.

Huit ans après la censure, le procès Facebook vs L’Origine du monde trouve une issue

L'instituteur français en procès contre Facebook depuis 2011 a mis fin à ses poursuites en ce début de mois.

En février 2011, l’instituteur Frédéric Durand-Baïssas postait sur son profil Facebook un lien renvoyant vers un documentaire d’Arte sur le chef-d’œuvre de Gustave Courbet : L’Origine du monde. Peu de temps après, le géant des réseaux sociaux fermait le compte de l’utilisateur.

Selon le professeur des écoles, l’application avait jugé l’image d’aperçu de la publication (la représentation en gros plan d’un sexe féminin) trop osée et contraire à sa politique relative à la nudité – réduisant ainsi le célèbre tableau à un aspect tabou, à la limite de la pornographie.

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"L’Origine du monde" exposé au musée d'Orsay, 1866, Gustave Courbet. (© Wiki Commons)

Le sexagénaire ne s’était cependant pas démonté. Regrettant "un manque de culture de l’histoire de l’art" de la part de Facebook, il avouait espérer un débat sur la liberté d’expression sur les réseaux, précisait alors Le Parisien.

En 2018, l’homme demande la réouverture de son compte, ainsi qu’une indemnisation de 20 000 euros – sans succès. Un peu plus de huit ans plus tard, cette affaire qui avait fait le tour des médias français et américains trouve enfin résolution.

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Un don à une association, pour l’amour de l’art

Frédéric Durand-Baïssas a annoncé en ce début du mois d’août mettre fin à ses poursuites, et ce après avoir trouvé un commun accord avec l’entreprise créée par Mark Zuckerberg. Celle-ci versera un montant encore inconnu à l’association française de street-art, Le M.U.R. (Modulable, Urbain, Réactif).

La question de la nudité sur les réseaux sociaux est toujours particulièrement problématique, notamment lorsqu’il s’agit de corps féminins. Sur Instagram et sa maison mère Facebook, les tétons de femmes sont par exemple toujours censurés.

En écho, entre autres, à l’affaire relative à L’Origine du monde, Facebook avait statué en 2015 pour autoriser les "photos de peintures, sculptures et autres œuvres d’art illustrant des personnages nus", rappelle le site Beaux Arts. En 2016, des utilisateurs norvégiens voyaient pourtant leur compte supprimé après avoir publié la célèbre "petite fille au napalm" de Nick Ut

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Le don de Facebook à l’association française a beau être une victoire pour Frédéric Durand-Baïssas, elle n’augure pas forcément de changements conséquents quant aux inepties dont fait souvent preuve le groupe Facebook lorsqu’il s’agit de nudité.

Par Lise Lanot, publié le 08/08/2019

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