Le Louvre expose des œuvres volées par les nazis

Depuis décembre 2017, le musée du Louvre présente dans deux salles ouvertes au public des tableaux dérobés par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, en espérant retrouver les descendants des propriétaires. Une mise en lumière essentielle sur les spoliations à grande échelle perpétrées sous le régime nazi.

© Antoine Mongodin/2017, musée du Louvre

Le Louvre prend sa revanche. Après avoir servi de réserve pendant plus de quatre ans aux collections confisquées par les nazis, l’institution muséale, qui abrite encore 1 752 œuvres MNR (appellation de Musées nationaux récupération relative aux œuvres pillées par le gouvernement nazi), exhibe une trentaine de ces peintures.

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Au second étage de l’aile Richelieu, outre les impressionnantes peintures flamandes, la salle numéro 16 sensibilise le visiteur aux pillages massifs commis par les nazis. Entre 1939 et 1945, environ 100 000 biens de différentes natures ont été dérobés, principalement à des familles juives, dans le but de détruire leurs moyens d’existence économiques et les priver de leur patrimoine culturel avant d’aboutir à leur anéantissement physique.

La Commission de récupération artistique, créée en 1944 et active jusqu’en 1949, a réussi à restituer dans l’immédiat après-guerre 45 000 pièces sur les 100 000 initialement volées et les 60 000 retournées à la France. Une saisissante revanche sur le passé, mais le chiffre reste pourtant faible. En effet, difficile de retrouver les traces de collections exceptionnelles anéanties ou dispersées dans la nature.

© Antoine Mongodin/2017, musée du Louvre

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Depuis 1999, la Commission d’indemnisation des victimes de spoliation, en collaboration avec le ministère de la Culture, a pris le relais et tente de déterminer l’origine des œuvres ainsi que de retrouver la trace des propriétaires initiaux puis leurs ayants droit. Elle peut désormais compter sur le soutien du Louvre qui, grâce à l’ouverture des deux nouvelles salles, aspire à identifier les héritiers des possesseurs légitimes des tableaux.

Commencera alors pour les familles une longue procédure de demande officielle de restitution s’appuyant sur une compilation de preuves tangibles, qui s’effacent peu à peu au fil des années…

© Antoine Mongodin/2017, musée du Louvre

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Louvre

Le Maréchal-Ferrant d’Eugène Delacroix. (© Cheese)

Par Solenn Cordroc'h, publié le 27/03/2018

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