© Obvious Art

Les œuvres créées par une intelligence artificielle rapportent moins que prévu

Un an après la vente aux enchères de la première toile réalisée par une intelligence artificielle, l’enthousiasme est retombé.

Le 25 octobre 2018, Le Portrait d’Edmond de Belamy remportait un franc succès à la maison de vente aux enchères Christie’s, à New York, et partait pour 45 fois sa valeur estimée, soit 432 500 dollars (environ 392 500 euros). Le succès retentissant de cette première toile créée par une intelligence artificielle, issue du collectif français Obvious, laissait présager une success-story pour l’art virtuel.

Mais les choses semblent prendre un tournant différent : une vente aux enchères organisée chez Sotheby’s en novembre dernier a plutôt montré qu’un an plus tard, l’enthousiasme pour les œuvres générées par les IA était retombé.

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"Katsuwaka of the Dawn Lagoon", 2018. (© Obvious Art)

Deux œuvres d’Obvious y étaient proposées à la vente. La première, intitulée La Baronne de Belamy, représente une femme de la famille Belamy – peut-être une cousine d’Edmond ? – et a été créée à partir de milliers de portraits peints entre le XIVe et le XXe siècle. La seconde création, intitulée Katsuwaka of the Dawn Lagoon, s’insère quant à elle dans la série japonaise Electric Dreams of Ukiyo. Généré selon le même principe, ce tableau, imprimé sur papier washi, reprend les codes du mouvement artistique japonais ukiyo-e.

Si chacune des deux œuvres a atteint l’estimation qui en était faite, les sommes déboursées sont restées largement inférieures au prix du premier tableau de l’intelligence artificielle : La Baronne de Belamy est partie pour 13 000 dollars, tandis que Katsuwaka of the Dawn Lagoon a été acquise pour 20 000 dollars. La toute première création de l’intelligence artificielle avait sans doute plus de valeur aux yeux des acheteur·se·s.

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"La Baronne de Belamy", 2018. (© Obvious Art/Sotheby’s)

Par Pauline Allione, publié le 09/12/2019

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