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Le Louvre va engager des réfugiés du Moyen-Orient comme guides

Il semblerait que 2020 soit l'année de l'ouverture pour le célèbre musée.

Après l’initiative berlinoise lancée en 2015 de former des réfugié·e·s syrien·ne·s et irakien·ne·s pour s’occuper de visites guidées en arabe, c’est au tour du Louvre de révolutionner le recrutement de ses médiateur·rice·s culturel·le·s. Grâce à des fonds venant de l’association caritative saoudienne Alwaleed Philanthropies, le prestigieux musée va accueillir des réfugié·e·s dans ses équipes et les former aux parcours dans les galeries consacrées à l’art islamique.

The Art Newspaper rapporte que l’institution française est en discussion avec l’association basée à Riyad pour voir comment elle peut "adapter le programme aux priorités du Louvre et du marché français", a déclaré Yannick Lintz, directrice du département des arts de l’Islam. L’an dernier, Alwaleed Philanthropies, dont la mission est de "soutenir et lancer des projets dans le monde sans se soucier du genre, de l’origine ou de la religion", a fait un généreux don de 9 millions d’euros au Musée d’art islamique de Berlin, pour cette initiative appelée Multaka (dont le nom signifie "lieu de rendez-vous", en arabe). "Un pont" entre Berlin et Paris sera créé, a assuré Abeer Al-Fouti, le manager exécutif de l’association.

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Une relation déjà tissée

L’organisation Alwaleed Philanthropies, fondée par le prince milliardaire Al-Walid Ben Talal (qui a connu dernièrement quelques démêlés judiciaires sur fond d’affaires de corruption avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane auquel il s’oppose), a injecté beaucoup d’argent dans l’institution française, notamment afin d’améliorer les galeries dédiées à l’art islamique. En 2005, la fondation a donné 23 millions d’euros au Louvre pour la création de ces espaces mettant en valeur la culture du monde arabe. Le musée a d’ailleurs une politique d’entrée gratuite pour toutes les personnes réfugiées ou en demande d’asile.

Après les attentats de Paris Yannick Lintz avait déclaré de 2015 :

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"En tant que directrice du département d’art islamique, je me demandais comment la culture pouvait contribuer à une meilleure connaissance de la civilisation islamique, de sorte que les gens ne fassent pas d’amalgame avec le terrorisme. C’était un dialogue très sincère [avec Alwaleed Philanthropies], pas seulement un dialogue commercial, mais avec une vision partagée sur l’importance de l’éducation."

Riches de leur culture natale, les personnes de tout âge qui bénéficieront de ce programme philanthropique s’occuperont aussi bien des expositions temporaires et permanentes que des nouveaux projets liés à l’éducation : "[Ce sera] la première étape [pour les communautés réfugiées] pour adopter le musée et s’ouvrir aux cultures du monde entier." Un projet qui profitera aussi bien aux visiteur·se·s qu’aux nouvelles recrues. Le Louvre a déclaré vouloir étendre, dans un second temps, ce programme à d’autres langues et cultures, outre l’allemand, l’anglais, l’espagnol et bientôt l’arabe.

Par Donnia Ghezlane-Lala, publié le 18/09/2019

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