Michael Jackson : On the Wall, l’expo hommage au roi de la pop à Paris

Du 23 novembre au 14 février, le Grand Palais lui rend hommage à travers une exposition collective.

"Portrait équestre du roi Philippe II (Michael Jackson)", 2010, huile sur toile, Kehinde Wiley, avec l'aimable autorisation de la Galerie Stephen Friedman, Londres et de la Galerie Sean Kelly, New York, collection Olbricht. (© Kehinde Wiley/ADAGP, Paris 2018)

Près de dix ans après la mort de Michael Jackson qui aurait fêté ses 60 ans le 29 août dernier, nombreux restent ceux à perpétuer son héritage dans la musique, la danse ou encore la mode. C’est en particulier à son influence sur l’art contemporain que s’intéresse l’exposition "Michael Jackson : On the Wall" au Grand Palais jusqu’au 14 février 2019.

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Elle met en lumière le travail d’une quarantaine d’artistes pour interroger les représentations et l’empreinte du regretté roi de la pop des années 1980 à aujourd’hui. De la photographie, à la peinture, en passant par des installations ou encore des vidéos, elle explore la création contemporaine sous toutes ses formes.

"L'autre regard", 1984, collage, Isaac Julien, collection Studio Isaac Julien. (© Isaac Julien/Galerie Victoria Miro, Londres/ADAGP, Paris 2018)

Une dimension chorégraphique mise à l’honneur

À l’occasion de cette expo, le Grand Palais a travaillé avec Raphaëlle Delaunay, Jérôme Bel ainsi que François Chaignaud, trois chorégraphes français qui ont été invités à "imaginer une œuvre performée sous forme de film". Si plusieurs de ses hits arrivent immédiatement à faire fredonner ses fans, Michael Jackson est également réputé pour ses atouts de danseur et son mythique moonwalk

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Les artistes Dara Birnbaum et Appau Junior Boakye-Yiadome ont souhaité, à travers leurs œuvres respectives, attirer l’attention des spectateurs sur la posture de l’artiste. Les chorégraphes, quant à eux, confrontent leurs chorégraphies à travers des mises en scène qui revisitent la gestuelle emblématique de Michael Jackson. Subtil mélange entre tradition et contemporanéité, leurs films créent une symbiose particulièrement touchante.

Des œuvres monumentales signées par les plus grands noms du monde de l’art

"Michael Jackson", 1984, acrylique et encre sérigraphique sur toile, Andy Warhol, The Andy Warhol Museum, Pittsburgh; Founding Collection. (© Andy Warhol/The Andy Warhol Foundation for the Visual Arts, Inc./ADAGP, Paris 2018)

Nous découvrons également une collection d’œuvres réalisées par les plus grands noms du monde de l’art, à l’instar d’Andy Warhol, David LaChapelle, Jean-Michel Basquiat, Kehinde Wiley ou encore Yan Pei-Ming. Warhol a été le premier artiste à illustrer Michael Jackson. Ci-dessus, un portrait réalisé sur soie par le maître du pop art pour le magazine Time, lorsque l’institution le sollicita, en mars 1984, pour une couverture.

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Nous retrouvons également une pièce monumentale signée Yan. Le peintre chinois est notamment connu pour avoir représenté des personnalités telles que Barack Obama, Marilyn Monroe ou encore Pablo Picasso. Ce dernier a souhaité rendre hommage à cette "créature mythique", qui était, selon lui, un véritable "symbole de liberté".

Sans oublier l’œuvre colossale Portrait équestre du roi Philippe II (Michael Jackson), exécutée par le peintre américain Kehinde Wiley. Commandé par Michael Jackson lui-même, ce tableau s’inspire très largement – comme son nom l’indique – du portrait de Philippe II de Pierre-Paul Rubens, peint au XVIIe siècle. Il dénote par ses emprunts aux codes classiques de l’histoire de l’art. Nous nous retrouvons face à l’interprète de Beat it, vêtu d’un apparat royal, domptant un cheval avec la plus grande facilité.

La vidéo, un support récurrent de l’exposition

"Le Roi (Un portrait de Michael Jackson)", 2005, installation vidéo à 16 canaux, 42 minutes, avec l'aimable autorisation de Kaufmann Repetto (Milan) et KOW (Berlin). (© Candice Breitz/ADAGP, Paris 2018)

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L'exposition se singularise par ses supports hétéroclites, et la vidéo vient régulièrement la rythmer. L’installation que l’on retiendra en sortant du Grand Palais est celle réalisée par Candice Breitz. Le Roi (Un portrait de Michael Jackson), réalisée en 2005, est une vidéo qui rassemble un groupe de fans européens de Michael Jackson, qui ont été recrutés grâce à des petites annonces. Chacun ré-interprète, seul, la totalité de l’album, a cappella, dans un studio professionnel berlinois. Pour le rendu final du projet, les enregistrements ont été regroupés.

On découvre alors des hommes et des femmes de tout âge, qui se donnent corps et âme à leur prestation. Ils s’esclaffent et chantent à tue-tête les quelques titres présentés, participant ainsi à l’œuvre de Candice Breitz. Un moment de partage inattendu et atypique.

Un hommage poignant

"P.Y.T.", 2009, ballons en latex, rubans et mocassins, Appau Junior Boakye-Yiadom, avec l'aimable autorisation de l'artiste. (© Appau Junior Boakye-Yiadom/ADAGP, Paris 2018)

Cette foule d’artistes nous propose une vision subjective de Michael Jackson, et vient prouver qu’au-delà de la musique, de la danse et de la mode, cette idole intergénérationnelle a également été une véritable source d’inspiration dans le monde de l’art contemporain. Aucune œuvre ne se ressemble, tandis que certains font ressortir le côté mystique ou kitsch de l’artiste, d’autres présentent de manière plus brut le roi de la pop.

Une diversité des œuvres qui fait toute la richesse de cette exposition, et qui vient prouver, une fois de plus, qu’après avoir "transcendé les limites du goût, du style… et aussi de la couleur", comme l’écrivait l’article du Time en 1984, Michael Jackson reste – et restera – toujours aussi "présent par son absence", tel que le déclare si joliment Candice Breitz. 

"Michael Jackson : On the Wall", exposition collective à voir au Grand Palais jusqu'au 14 février 2019.

Par Manon Baeza, publié le 09/01/2019

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