© Palais de Tokyo

Le Palais de Tokyo critiqué pour une expo organisée avec un musée qatari

Pourquoi l'exposition "Notre monde brûle" fait-elle polémique ?

Du 21 février au 17 mai prochain, le musée d’art contemporain de Paris est supposé présenter "Notre monde brûle", une exposition organisée en collaboration avec le Mathaf, le musée arabe d’art moderne du Qatar. À l’occasion de l’année culturelle Qatar-France 2020, le Palais de Tokyo propose "un regard engagé sur la création contemporaine depuis le golfe Persique où les guerres et les tensions diplomatiques n’ont cessé de déterminer l’histoire de ce début de XXIe siècle".

En exposant une trentaine d’artistes internationaux·les, les deux établissements culturels souhaitent mettre en avant différents lieux et époques :

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"De la destruction des trésors irakiens (Michael Rakowitz) au sort des réfugiés syriens (Mounira Al Solh) en passant par le financement des Talibans à travers l’exploitation du lapis-lazuli en Afghanistan (Aslı Çavuşoğlu), 'Notre monde brûle' présente un maillage complexe d’évènements auxquels les œuvres d’art se réfèrent tout en offrant de multiples échappées poétiques."

Via le Palais de Tokyo

Avant même le début de l’exposition, le Palais de Tokyo s’est cependant retrouvé sous le feu des critiques. Comme le rapporte Artnet, pour de nombreuses personnes, voir que le musée parisien "qui adhère à une philosophie LGBTQ+ friendly collabore avec un État qui criminalise l’homosexualité est inacceptable".

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Parmi les critiques les plus véhément·e·s, on retrouve entre autres le philosophe Yves Michaud. Pour ce dernier, l’exposition fait partie "de la stratégie indécente et de longue date du gouvernement qatari qui consiste à corrompre la société française en faisant mine d’adoucir sa posture quant aux problématiques liées aux droits de l’homme dans la région du golfe Persique".

The Art Newspaper rapporte également les paroles de l’artiste azerbaïdjanais Babi Badalov, qui a annoncé que "la communauté gay [allait] se battre pour que cette exposition soit annulée". Après le tollé suscité par l’annonce de l’exposition, le Palais de Tokyo a partagé un communiqué précisant que l’exposition s’effectuait avec le concours d'"un musée" et "pas avec un État" :

"Nous travaillons en collaboration avec Abdellah Karroum, le directeur du Mathaf, un conservateur de musée dont le travail est reconnu à l’international et qui a toujours combattu les discriminations sexuelles. […] Le programme des expositions du Mathaf est très pertinent et ouvert à la diversité. […] Le Palais de Tokyo croit en le rôle que des institutions engagées et progressives telles que le Mathaf peuvent jouer pour façonner les sociétés."

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Malgré ces remous, l’exposition est toujours maintenue.

Par Lise Lanot, publié le 20/01/2020

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