© Alan Shaffer

Pour troller Trump, il construit un mur de fromage entre les États-Unis et le Mexique

"Make America Grate Again."

Le mur entre les États-Unis et le Mexique s’étire déjà sur 1 052 kilomètres, mais le président américain Donald Trump ne compte pas s’en arrêter là. Pour dénoncer ce projet qu’il juge inhumain, l’artiste Cosimo Cavallaro, originaire du Canada et résidant à Los Angeles, s’est mis en tête, depuis le 25 mars dernier, de construire une séparation d’un tout autre genre : un mur en briques de fromage.

Cosimo Cavallaro a l’habitude de faire des œuvres et installations en nourriture. On lui doit notamment le fait d’avoir recouvert une chambre d’hôtel ainsi que le corps de la mannequin Twiggy de fromage fondu, la construction d’une montagne de jambon (Ham Bed) sur un lit dans une galerie new-yorkaise, ou encore une statue de Jésus en chocolat (Chocolate Jesus, un projet qui lui a valu les foudres de l’Église, qui fit fermer l’exposition en 2007).

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Cheese Wall

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"Cheese Wall". (© Alan Shaffer)

L’artiste s’attaque désormais au célèbre mur qui menace de séparer davantage les États-Unis et le Mexique. Pour cela, il a choisi, une nouvelle fois, une denrée pour faire passer un message engagé. Pour l’artiste, la matière alimentaire rend ses œuvres vivantes, car elle est amenée à se modifier avec le temps.

Sur le site du projet baptisé Cheese Wall, Cosimo Cavallaro précise sa démarche. Il y explique avoir construit ce mur de fromage car, justement, il n’en est pas un à proprement parler. En tout cas, il n’a pas pour but de séparer les individus.

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"Je n’aime pas les murs. Donc voici un mur que je peux maîtriser, avec lequel je peux vivre parce que je sais qu’il est périssable, qu’il ne durera pas. […] Ce mur est un marqueur de notre temps, c’est une époque où nous parlons de ces questions, de murs…"

Pour construire son œuvre, il utilise des briques de cotija – un équivalent de la feta au Mexique – périmées et donc impropres à la consommation, rapporte The Takeout. À ceux qui y verraient un gâchis de nourriture, l’artiste répond : "Vous pouvez voir du gaspillage dans ce mur, mais vous n’arrivez pas à voir où est le gâchis dans un mur à dix milliards de dollars ?" Une référence de plus au mur que Donald Trump espère construire.

"Cheese Wall". (© Alan Shaffer)

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Apportez votre pierre à l’édifice

La construction du Cheese Wall a débuté dans la ville de Tecate, en Basse-Californie, à la frontière américano-mexicaine. 200 blocs de fromage ont déjà été empilés, ce qui a permis d’obtenir un mur long de 8 mètres, qui rappelle visuellement un mur fait de blocs de plâtre.

Mais ce n’est qu’un début pour Cosimo Cavallaro, qui se lance ici dans l’une des plus grandes installations de sa carrière. À terme, il souhaiterait avoir un mur de 305 mètres de long et de 2 mètres de hauteur. Pour atteindre son objectif, il a lancé une campagne de financement participatif sur GoFundMe. L’artiste a pour l’heure récolté 3 700 dollars, sur les 300 000 dollars visés.

Sur son site, on peut également faire l’acquisition d’accessoires et de vêtements qui relayent le message du projet. On y retrouve des phrases humoristiques, mais lourdes de sens : "Ceci n’est pas un mur", "Make America Grate Again" ("Rendez l’Amérique gratinée de nouveau", pourrait-on traduire), "Make America Say Cheese" ou "If You Build It They Will Eat It" ("Si vous le construisez, ils vont le manger").

Vous pouvez également suivre l’avancée du Cheese Wall en images sur la chaîne YouTube du projet et faire un don ici.

Par Claire Verriele, publié le 25/04/2019

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