Au nom de l’art, Marina Abramović va s'électriser avec un million de volts

La performance de l’artiste serbe, quelque peu radicale, se tiendra à New York en 2020.

(© Wikimédia Commons)

Marina Abramović aime définitivement se mettre en danger. L’artiste serbe, qui repousse régulièrement les frontières de ses capacités physiques et mentales, est connue dans le milieu de l’art corporel pour ses performances aussi impressionnantes que perturbantes. Ainsi, son prochain exploit ne fera pas exception à sa réputation et défiera les limites... de la mort.

La teneur de son prochain challenge, révélée par le New York Times, ferait en effet frémir les plus audacieux : en 2020, l’artiste, qui sera âgée de 73 ans, prévoit de s’électrocuter avec un million de volts. Accueillie par la Royal Academy of Arts de New York, l’œuvre consistera pour l’artiste à "se charger" d’électricité grâce à une machine sécurisée (qui doit encore être mise au point) dans le but d’éteindre une bougie du bout de ses doigts grâce à son champ électrique.

Côté spectacle, l’artiste n’en est pas à son coup d’essai : en 1974, elle s’était assise au milieu de 72 objets divers, dont des armes, pour tester la relation entre l’artiste et les spectateurs. Ces derniers ont découpé les vêtements d’Abramović à l’aide d’un couteau pendant qu’un visiteur de l’exposition tenait un pistolet chargé sur sa tempe.

En 1977, elle et l’artiste Ulay, son ex-compagnon, ont collé leurs bouches et respiré l’air des poumons de l’autre jusqu’à n’échanger plus que de l’anhydride carbonique. Une autre fois, elle a choisi de s’approcher d’un ventilateur à haute puissance tout en inhalant le plus profondément possible, avant de perdre conscience.

Si son œuvre paraît radicale (elle a frôlé plusieurs fois la mort – notamment par asphyxie – au cours de ses performances), celle qui se définit comme la "grand-mère de l’art performance" cherche plus à redéfinir les limites de la résistance à la douleur que frôler le sensationnel. Et au fond, depuis quand l’art serait-il rationnel ?

Par Marie Jaso, publié le 31/03/2018