© @ChrisTheBarker

Ce photomontage rend hommage aux personnalités disparues en 2019

Adieu Jacques Chirac, Karl Lagerfeld, Anna Karina, Luc Perry, Robert Frank, Toni Morrison, l'Espoir, Grumpy Cat et Notre-Dame...

Jacques Chirac, Karl Lagerfeld ou Toni Morrison… Comme chaque année, ils sont nombreux à nous quitter. Et comme chaque année, Chris the Barker constitue un photomontage-hommage aux personnalités disparues, tous domaines confondus. Après 2016, 2017, 2018, voici donc le montage de l’année 2019, calqué sur la pochette d’album des Beatles, Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band. En une image, on retrouve plus de 100 icônes à jamais perdues de notre époque.

Outre les noms cités plus haut, les actrices Anna Karina (muse de Godard) et Sue Lyon (Lolita) ; l’acteur américain Luc Perry (Beverly Hills, Riverdale) ; ainsi que les photographes américains Robert Freeman et Robert Frank ont aussi été emportés par 2019. Figurent aussi des animaux, monuments, objets et allégories tels que notre Grumpy Cat ; Opportunity (l’astromobile martien de la Nasa) ; le rhinocéros de Sumatra (éteint en Malaisie) ; l’Espoir ; et la cathédrale Notre-Dame de Paris.

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L’inspiration initiale

Comme base, Chris a choisi – comme à son habitude – la mythique pochette des Beatles, pour leur album Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band (1967). Fleurie, chargée et colorée, cette pochette permet de rassembler pas mal de figures et donc de pouvoir réaliser un photomontage bien dense quand l’année fut remplie de deuils.

Grâce à cette pochette, les Beatles ont pu rassembler des personnes célèbres à leur propre enterrement, rompant avec leur identité visuelle des années 1950-1960. On peut d’ailleurs voir un tapis de fleurs former leur nom, sur un tas de terre ainsi qu’une poupée portant une robe sur laquelle il est écrit : "Welcome The Rolling Stones". Message ironique à destination de leurs "adversaires".

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Comme sur un beau et funeste portrait de famille, les personnalités présentes ne sont pas forcément toutes mortes comme la version de Chris the Barker, mais ce sont celles, vivantes ou défuntes, qui ont inspiré le groupe et sans qui les Beatles n’auraient jamais été. Parmi elles, Marlene Dietrich, Bob Dylan, Edgar Allan Poe, Lewis Carroll, Marlon Brando, Marilyn Monroe…

La pochette de l’album des Beatles, "Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band" (1967).

L’idée de la mort se retrouve dans cette mise en scène d’enterrement mais aussi dans les rumeurs de la séparation prochaine des Beatles qui couraient à cette époque. Ils arborent des tenues et chapeaux disparates (contrairement à leurs costumes habituels et uniformes) à côté de poupées de cire grandeur nature les représentant à leurs débuts, comme s’ils assistaient à leur propre fin. L’avenir leur a donné raison : le groupe se sépare trois ans après, en 1970, après l’annonce du premier album solo de John Lennon.

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Contrairement au photomontage de Chris the Barker, la pochette des Beatles n’en est pas un : ils posent en réalité devant des silhouettes à taille humaine qui ont été imprimées sur du carton et découpées. Il y a également des statues réelles. Tout cela est dû au travail d’orfèvre de Peter Blake – pionnier du pop art –, du producteur Robert Fraser et du photographe Michael Cooper. La conception du décor a duré deux semaines et la session photo plusieurs heures. Les Beatles ont tous participé à l’élaboration de la pochette en faisant part de leurs inspirations au producteur, à l’exception de Ringo Starr.

Faute de moyens équivalents et vivant au XXIe siècle, on peut penser que c’est sans doute pour ces raisons que Chris the Barker a tout simplement préféré utiliser Photoshop pour composer son montage. Il a annoncé qu’il ne commercialiserait pas cette image : "Comme un photographe me l’a dit, ça ne serait pas très éthique de profiter de quelque chose qui utilise l’image de ces personnes (mortes), c’est pourquoi je demande aux gens de faire des dons."

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La scène d’enterrement, la mort du groupe, tout cela rejoint l’idée morbide de ses photomontages. Les différentes étapes de son hommage sont jalonnées de modifications et de copier/coller. Il a d’abord fallu "nettoyer" la pochette des Beatles puis créer une sorte de jeu "Qui est-ce ?" avec des silhouettes blanches numérotées et nommées.

Un mois avant la fin de 2019, il révèle généralement une première version et les noms qui se réfèrent à chaque numéro et silhouette. Le montage final ne prend effet qu’au 31 décembre puisque l’on n’est jamais à l’abri d’un décès soudain. Ceci est donc un hommage final et une version définitive. Adieu 2019.

Par Donnia Ghezlane-Lala, publié le 07/01/2020

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