Par Lisa Miquet

Quand le selfie devient dangereux.

(© Alicia Steels via Unsplash)

Si récemment nous nous posions la question de savoir si le selfie était une nouvelle forme d'expression artistique, une chose est sûre, ces autoportraits génèrent parfois des comportements grotesques voire dangereux. En effet, une étude à montré qu'en six ans, les selfies ont fait plus de morts que les requins, puisque 259 personnes ont perdu la vie en prenant des selfies entre octobre 2011 et novembre 2017, soit en moyenne 43 morts par an – alors qu'on compte 6 morts par an du fait d'attaques de requins. Mais fort heureusement, l'accident de selfie qui nous intéresse aujourd'hui a eu une fin un peu moins dramatique.

À Ekaterinbourg en Russie, un groupe de trois jeunes filles posait pour des selfies au Centre international des arts. En s'appuyant sur une cloison afin de réaliser la photo parfaite avec peintures en arrière-plan et tutti quanti, ces dernières ont fait tomber une structure sur lesquelles étaient exposées deux œuvres : une eau-forte – c'est-à-dire une gravure sur plaque métallique réalisée à l’aide d’un acide – de la série Los Caprichos de Francisco de Goya et une interprétation de cette même œuvre par Salvador Dali. Comme l'explique Peta Pixel, les verres qui protégeaient les œuvres ont été brisés. Si le Goya en est sorti indemne, le travail de Dali a été détérioré. 

À gauche, "Brabisimo" de Francisco de Goya (1799), à droite sa transposition par Salvador Dali (1973-1977).

L'institution a décidé de ne pas engager de poursuites, la police locale enquête sur l'incident et les œuvres d'art sont actuellement examinées par des spécialistes. En dehors des dommages physiques que peuvent entraîner les selfies, ces derniers pourraient aussi entraîner des troubles mentaux puisque la "selfite", c'est-à-dire l'obsession du selfie, a fait l’objet d’une première étude avec une échelle d’évaluation des symptômes. Comme quoi, ces élans de narcissisme ne sont pas sans risques.