© Ullstein Bild/Getty Images

La "vraie" ville de la Reine des neiges croule sous un afflux d'instagrameurs

Les touristes affluent à Hallstatt, en Autriche, qui aurait inspiré le royaume d'Arendelle dans La Reine des neiges.

En 1997, la petite ville autrichienne de Hallstatt intégrait le patrimoine mondial de l’Unesco grâce au charme de ses petites maisons alpines, de son église luthérienne, de sa petite place pavée face au lac et de ses montagnes environnantes.

Symbole de l’âge du bronze, le village est le foyer de la plus vieille mine de sel du monde. Ces dernières années, ce n’est cependant pas cette mine âgée de plus de 7 000 ans qui attire des nuées de touristes, mais la ressemblance de Hallstatt avec Arendelle, le royaume de la Reine des neiges dans le film d’animation du même nom.

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En haut : le royaume d’Arendelle, dans le film "La Reine des neiges". En bas : la ville de Hallstatt, en Autriche. (© Disney/© Ullstein Bild/Getty Images)

Chaque jour, ce serait jusqu’à 10 000 visiteur·se·s qui s’entasseraient dans cette localité abritant seulement 778 locaux. Selon le Guardian, c’est six fois plus (par nombre d’habitant·e·s) qu’à Venise. En dix ans, ce nombre a été multiplié par 100 et les apprenti·e·s instagrameur·se·s ont fini par rendre la vie impossible au maire de la ville et à ses habitant·e·s.

Un maire dépassé face à l’afflux important

Tout commence au début de la dernière décennie. La petite ville idyllique apparaît dans une émission sud-coréenne et, en 2011, "un magnat chinois de l’industrie minière dépense 700 millions de livres Sterling pour construire une réplique exacte du village dans la province de Guandong", précise le Guardian. Deux ans plus tard, La Reine des neiges apparaît sur les écrans et ravage tout sur son passage, telle une tempête de neige – jouets à son effigie, chanson entêtante et tickets d’entrée au cinéma en tête.

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Hallstatt. (© Ullstein Bild/Getty Images)

En 2019, le deuxième volet du dessin animé a ajouté de l’huile sur le feu et les touristes arrivent en masse pour se prendre en photo devant le paysage de rêve de ce village. Sur Instagram, le hashtag #Hallstatt rassemble quasiment 620 000 publications. Perches à selfie, drones et photoshoots sont devenus le quotidien des villageois·es, en même temps que la commune connaît des problèmes de détritus sur les voies publiques et une forte hausse des prix liée au tourisme.

En novembre dernier, un incendie détruisait une partie du rivage et le maire, Alexander Scheutz, fermait les routes et demandait aux touristes de ne pas venir dans la ville. Une consigne bien évidemment non respectée. Si ce dernier souhaite limiter le nombre de cars de touristes à 20 000 par an, il est difficile, légalement, de repousser les visiteur·se·s.

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Cet afflux apporte cependant son lot de bonnes choses, puisque les fans de la Reine des neiges aident économiquement Hallstatt avec leur pouvoir d’achat, des espèces sonnantes et trébuchantes qui permettent à la ville de financer aisément ses écoles et projets culturels.

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Par Lise Lanot, publié le 09/01/2020

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