Quand des twittos se rebellent contre des bots qui volent les artistes

Le hashtag #IWantThisOnAShirt vise à lutter contre la contrefaçon de T-shirts volant les artistes.

S’il est de bon ton, en 2019, de critiquer Twitter, il faut avouer que, parfois, le réseau social nous réserve son lot de surprises marrantes. Des artistes, saoulé·e·s que leurs œuvres soient volées par des bots sur Twitter, ont pris la décision de troller un peu le système.

Ainsi, depuis quelques jours, le hashtag #IWantThisOnAShirt défraie le réseau social. Il vise à piéger les sites de vente en ligne qui volent éhontément les créations originales. Pour comprendre ce hashtag, il faut remonter le temps. Tout commence par un tweet de Rob Schamberger, qui alerte ses followers sur cette menace botique d’un nouveau genre :

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"S’il vous plaît, ne répondez jamais à un tweet d’artiste en disant que vous voulez en faire un T-shirt. Les bots vont l’intercepter et le détourner. Ça deviendra un cauchemar quand l’artiste essaiera de faire supprimer la marchandise volée. Faites tourner !"

Pour contrer ce qui s’apparente à du vol de propriété intellectuelle, plusieurs twittos se sont remontés les manches. À commencer par Hannah Douken, qui a publié un dessin afin de surprendre les bots en flagrant délit :

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"Hey, pouvez-vous me faire une faveur et répondre à ce tweet en disant 'Je veux ça sur un T-shirt', merci."

Tel est pris qui croyait prendre

Et là, surprise (ou pas) ! À peine quelques heures plus tard, le dessin, retweeté plusieurs milliers de fois, se retrouve gentiment apposé sur un T-shirt d'une boutique en ligne ! La ruse a tellement bien fonctionné que, peu de temps après, l’illustratrice annonce sur Twitter qu’un bot est venu, tranquillou, lui proposer d’acheter sa propre création :

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Il n’en fallait pas plus pour déchaîner la twittosphère, qui a fait circuler à foison des montages pas du tout subtils composés avec des logos de marques. L’esbroufe a totalement marché :

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Les T-shirts ont par la suite circulé sur des sites comme Moteefe, Teezily ou même Amazon.

© Twitter @SophieAScruggs

Comme l’a remarqué L’ADN, ces magasins en ligne "indiquent sur leur site que commercialiser un design qui enfreint le copyright est interdit". Et c’est bien pour ça que les petits malins abreuvent les bots de dessins propriétaires, histoire de pousser l’absurdité à fond.

Bon, ceci dit, même si l’envie d’acquérir un de ces T-shirts totalement random est très forte, on va boycotter pour soutenir ces artistes (en vrai, on ne les aurait jamais achetés).

Par Victoria Beurnez, publié le 06/12/2019

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