Via @EmRata et @MillaJovovich

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Sur les réseaux, les hashtags #ProChoice et #SexStrike contre la loi anti-avortement

Alyssa Milano, Milla Jovovich ou encore Jameela Jamil font de leurs réseaux une tribune.

Le Sénat de l’État de l’Alabama adoptait début mai le projet de loi le plus restrictif des États-Unis sur l’avortement. Une fois la loi votée, l’interruption volontaire de grossesse deviendrait alors illégale pour toutes femmes enceintes, même celles victimes de viol ou d’inceste. Les médecins pratiquant l’avortement encourraient des peines de prison allant jusqu’à la perpétuité.

Depuis cette annonce – et alors que d’autres états tels que la Géorgie et l’Ohio ont fait passer des lois similaires – célébrités et anonymes font entendre leur mécontentement sur les réseaux. De nombreuses femmes ont décidé de partager les témoignages de leurs avortements ou d’appeler à la résistance, notamment à grand renfort de hashtags. Certains de ces mots-dièse célèbrent le libre arbitre des femmes, tels que #ProChoice ou #ProChoiceGeneration, tandis que d’autres, comme #WarOnWomen, dénoncent la guerre faite aux femmes – liée à l’interdiction de disposer comme elles le souhaitent de leur propre corps.

Des témoignages nécessaires

Sur leurs comptes Instagram, des célébrités telles que Milla Jovovich ou Jameela Jamil ont raconté leurs avortements. Cette dernière a qualifié son avortement de "meilleure décision jamais prise" tandis que l’actrice Milla Jovovich a publié une image accompagnée d’une légende relatant sa fausse couche, il y a deux ans, qui l’a forcée à avorter. Elle y raconte les difficultés de cette épreuve et rappelle à quel point ajouter une détresse médicale et sanitaire à quelque chose d’aussi éprouvant émotionnellement est cruel.

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I don’t like to get political and I try to only do it if a really have to and this is one of those times. If someone doesn’t want to continue reading, you have been warned. Our rights as women to obtain safe abortions by experienced doctors are again at stake. Last Tuesday, Georgia Governor Brian Kemp signed a draconian bill into law that outlaws all abortions after six weeks — before most women even realize they’re pregnant — including in cases of RAPE OR INCEST. This makes Georgia the sixth state to pass such a restrictive six-week abortion ban, joining Ohio, Mississippi, Kentucky, Iowa, and North Dakota. These laws haven’t been passed yet, but lawmakers in these states are trying. Abortion is hard enough for women on an emotional level without having to go through it in potentially unsafe and unsanitary conditions. I myself went through an emergency abortion 2 years ago. I was 4 1/2 months pregnant and shooting on location in Eastern Europe. I went into pre term labor and told that I had to be awake for the whole procedure. It was one of the most horrific experiences I have ever gone through. I still have nightmares about it. I was alone and helpless. When I think about the fact that women might have to face abortions in even worse conditions than I did because of new laws, my stomach turns. I spiraled into one of the worst depressions of my life and had to work extremely hard to find my way out. I took time off of my career. I isolated myself for months and had to keep a strong face for my two amazing kids. I started gardening, eating healthier and going to the gym everyday because I didn’t want to jump into taking anti depressants unless I had tried every other alternative. Thank God I was able to find my way out of that personal hell without turning to medication, but the memory of what I went through and what I lost will be with me till the day I die. Abortion is a nightmare at its best. No woman wants to go through that. But we have to fight to make sure our rights are preserved to obtain a safe one if we need to. I never wanted to speak about this experience. But I cannot remain silent when so much is at stake. #prochoice #prochoicegeneration

Une publication partagée par Milla Jovovich (@millajovovich) le

"Je n’aime pas trop parler politique ici et je ne le fais que lorsque c’est vraiment nécessaire, comme maintenant. Si vous ne voulez pas lire la suite, vous êtes prévenus.

En tant que femmes, notre droit de recourir à des avortements faits en toute sécurité par des médecins expérimentés est de nouveau mis en danger. Mardi dernier, le gouverneur de la Géorgie, Brian Kemp, a signé un projet de loi draconien qui interdit tout avortement après six semaines de grossesse – soit avant même que la plupart des femmes réalise qu’elles sont enceintes – même en cas de VIOL OU D’INCESTE.

La Géorgie est le sixième état à voter un projet de loi aussi restrictif, après l’Ohio, le Mississippi, le Kentucky, l’Iowa et le Dakota du Nord. Ces lois n’ont pas encore été adoptées, mais les législateurs locaux font tout pour que ce soit le cas.

L’avortement est déjà quelque chose de particulièrement douloureux émotionnellement pour les femmes sans qu’il faille ajouter des conditions insalubres et dangereuses. Il y a deux ans, j’ai moi-même avorté. J’étais enceinte de 4 mois et demi et je tournais dans l’Europe de l’Est. J’ai fait une fausse couche et j’ai dû accoucher de façon prématurée. On m’a dit que j’allais devoir rester éveillée tout le long de la procédure. C’était une des expériences les plus difficiles que j’ai eues à vivre. J’en fais encore des cauchemars. J’étais seule et impuissante. Rien que de penser au fait que des femmes devront peut-être avorter dans des conditions encore plus terribles me tord le ventre. Je suis tombée dans une des plus graves dépressions de ma vie et j’ai dû travailler très dur pour m’en sortir.

J’ai fait une pause dans ma carrière. Je me suis isolée pendant des mois et j’ai dû garder la tête haute devant mes deux incroyables enfants. Je me suis mise au jardinage, j’ai équilibré mon alimentation et je me suis mise au sport parce que je ne voulais pas prendre d’antidépresseurs avant d’avoir essayé toutes les alternatives. Dieu merci, j’ai réussi à sortir de cet enfer sans médicament, mais le souvenir de ce par quoi je suis passée et de ce que j’ai perdu me suivra jusqu’à ma mort. L’avortement est un cauchemar.

Aucune femme ne veut passer par là. Mais il faut se battre pour être sûr·e·s que nos droits soient préservés et qu’on puisse avorter de la façon la plus sûre possible. Je n’ai jamais voulu parler de cette expérience. Mais je ne peux pas rester silencieuse quand il y a tant en jeu. #ProChoice #ProChoiceGeneration."

Alyssa Milano a, quant à elle, lancé le hashtag #SexStrike ["#GrèveDuSexe", ndlr], qui enjoint les femmes à ne pas avoir de relations hétérosexuelles tant que leurs droits reproductifs ne leur seront pas rendus. Bien que certain·e·s y voient une apologie de l’abstinence ou une volonté de faire des femmes de simples objets sexuels, l’actrice américaine affirme au contraire souhaiter rétablir le contrôle des femmes sur leur propre corps. De ce fait, cette "grève du sexe" permettrait de prouver le fait que le reste de la société prendrait sans doute un peu plus au sérieux leurs revendications lorsque leurs décisions auront des conséquences sur la vie des hommes.

"Nos droits reproductifs sont en train de disparaître.

Jusqu’à ce que nous, les femmes, retrouvons le contrôle légal de nos corps, on ne peut pas risquer de tomber enceintes. FAITES COMME MOI et ne faites pas l’amour jusqu’à ce que nous retrouvions notre autonomie corporelle.

Je propose une #SexStrike. Faites passer."

Sur Instagram et Twitter, de nombreuses personnalités ont fait entendre leur dégoût, telles que Rihanna, Kylie Jenner (sur une story Instagram), Pink, Reese Witherspoon, Emma Watson, Cara Delevigne, Emily Ratjkowski, Courteney Cox, entre autres. Certains hommes s’expriment également, à l’instar de John Legend, Diddy ou encore Jason Bateman qui a affirmé refuser tout travail dans l’un des états adoptant ces lois contre l’avortement.

Uni·e·s sur les réseaux, artistes, personnalités et illustrateurs·rices tentent de contrer les vagues anti-avortement qui déferlent aussi. Une fois encore, les réseaux deviennent ainsi le porte-voix privilégié des mouvements politiques et sociaux. Une façon, en fin de compte, de faire entendre sa voix lorsque celle-ci est étouffée.

"Mon corps, mon choix."

De gauche à droite : "Que les avortements restent sans danger et légaux", ""Mon corps, mon choix", "Protégez les droits reproductifs".

"Ôtez vos lois puantes de mon tiroir à dessous."

"Les hommes ne devraient pas promulguer des lois sur les corps des femmes."

"Ceci n’est pas la propriété du gouvernement."

"Arrêtez de criminaliser l’avortement."

"Cette semaine, 25 hommes blancs âgés ont voté l’interdiction de l’avortement dans l’Alabama, même en cas de viol et d’inceste. Ces hommes au pouvoir imposent leur volonté pour maintenir le patriarcat et perpétrer le complexe carcéro-industriel en ôtant le droit de ne pas se reproduire aux femmes aux faibles revenus. Les États tentant d’interdire l’avortement sont des États dans lesquels vivent les plus grandes proportions de femmes noires. C’est une question de classes sociales et de couleurs de peau, c’est une attaque aux droits de l’homme fondamentaux que les femmes des États-Unis méritent et qui sont protégés par Roe vs. Wade [arrêt rendu par la Cour Suprême en 1973, qui statue sur la liberté des femmes à décider d’avorter, ndlr]. Nos corps, notre choix."

"Les hommes ne devraient pas promulguer des lois sur les corps des femmes."

"Regardez bien ces idiots qui prennent des décisions pour les FEMMES aux États-Unis.

Gouverneure Kay Ivey… HONTE À VOUS !!!!"

Par Lise Lanot, publié le 21/05/2019

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