© Don Farall/Getty Images

Les statues de l’île de Pâques menacées par les selfies et les touristes

Le site archéologique est de plus en plus dégradé par les touristes prêts à tout pour le selfie parfait.

C’est un site iconique classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1995. Pourtant les visiteurs de l’île de Pâques manquent de respect aux célèbres statues selon Jo Anne Van Tilburg, archéologue rattachée à l’université UCLA.

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La scientifique mène des recherches sur la culture du peuple autochtone, les Rapa Nui, depuis 1981. Les moai – "statues" en langue rapa nui – auraient été sculptées entre le XIVe et XVe siècle. Les plus célèbres sont celles du site Tongariki, mais l’île en compte un millier, dont certaines ont été ensevelies au cours du temps. Fondatrice de l’ONG "Easter Island Statue Project", Jo Anne Van Tilburg observe depuis quelques années l’afflux de touristes motivés essentiellement par leurs selfies avec les sculptures, quitte à grimper sur les statues, marcher sur des tombes, ou se rendre dans les zones pourtant balisées comme protégées.

Elle déclarait ainsi à Newsweek : "Je suis troublée par le manque de considération des touristes pour l’île et ses habitants. La majorité ne se soucie pas du passé de l’île de Pâques. Les infrastructures sont fragiles et 150 000 visiteurs, ça fait beaucoup de monde."

Seulement 3 000 personnes visitaient l’île dans les années 1980. Une massification du tourisme qui aurait aujourd’hui plus d’effets négatifs que positifs pour le lieu. En 2018, le gouvernement chilien a annoncé une restriction d’accès au site, pour la préservation de ce patrimoine mondial.

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Pour Jo Anne Van Tilburg, "comme c’est un site reconnu, le monde a promis de prendre soin de l’île. Nous devons tous nous y mettre, que nous soyons scientifiques ou touristes, et faire de notre mieux pour préserver le passé. Les touristes peuvent étudier et apprendre avant leur voyage sur l’île. Ils peuvent montrer un vrai respect pour les autres. Ils peuvent ranger leurs ego – et leurs perches à selfie – du paysage et apprendre à apprécier l’histoire."

Par Apolline Bazin, publié le 04/06/2019

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