Via Greta Thunberg

L'activiste noire Vanessa Nakate a été exclue d'une photo de groupe avec Greta Thunberg

L'agence Associated Press a censuré le visage d'une militante écologiste, seule personne noire figurant sur une photo de groupe.

L’agence de presse mondiale Associated Press se trouvait vendredi dernier, le 24 janvier, à Davos, en Suisse, à l’occasion d’une conférence de presse sur l’urgence climatique. Aux côtés de Greta Thunberg, quatre militantes de Fridays for Future (un mouvement écologique initié par la jeune Suédoise) élevaient leurs voix pour continuer d’alerter les consciences quant à la situation environnementale actuelle et l’inaction politique des dirigeants internationaux.

Au sortir de la conférence, un photographe de l’agence de presse a capturé les cinq jeunes femmes, Greta Thunberg au centre, entourée de Loukina Tille, Luisa Neubauer, Isabelle Axelsson et Vanessa Nakate. Avant d’envoyer ses clichés à l’Associated Press, le photographe a pris la décision, alors qu’il retouchait la photographie, de la recadrer et de retirer la militante ougandaise de 23 ans, seule personne noire sur l’image.

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La jeune femme, active politiquement depuis la fin de l’année 2018, a immédiatement partagé l’image modifiée sur son compte Twitter, se désolant qu’ait été complètement effacée non pas sa seule personne, mais "un continent entier". À travers cette action, c’est tout un système racisme qui se révèle une fois de plus, comme l’ont noté de nombreux·ses autres militant·e·s noir·e·s qui se sont exprimé·e·s quant à leur invisibilisation. Vanessa Nakate a d’ailleurs appelé à une prise de conscience de tou·te·s :

"Tous ceux qui me disent que j’aurais dû me mettre au milieu [sur la photo] ont tort ! Est-ce qu’une militante africaine doit se mettre au milieu juste par peur d’être retirée de la photo ? Ça ne devrait pas se passer de la sorte !", a-t-elle écrit sur Twitter.

La jeune femme avait également été mal identifiée par certains médias, qui l’avaient nommée Natasha Mwansa, du nom d’une militante zambienne. Vanessa Nakate est bien décidée à ne pas laisser cette faute impunie et a exigé des excuses de la part d’Associated Press qui ne s’était fendu que d’un communiqué de presse pour le moins lacunaire :

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"Nous regrettons d’avoir publié ce matin une photo qui avait sorti du cadre la militante ougandaise pour le climat, Vanessa Nakate, la seule personne de couleur sur la photo. En tant qu’organisme de presse, nous nous soucions profondément de la représentation fidèle du monde que nous couvrons. Nous formons nos journalistes pour qu’ils soient sensibles aux problématiques d’inclusion et d’omission. Nous avons discuté en interne avec nos journalistes et nous allons tous apprendre de cette erreur de jugement."

Quelques obscures explications ont été fournies ces trois derniers jours. Selon l’AP, le photographe aurait supprimé la jeune femme pour une histoire de "composition de l’image". "Le photographe essayait de prendre une image très rapidement, avec une deadline serrée et il l’a recadrée simplement pour des questions de composition, parce qu’il pensait que l’immeuble en arrière-plan représentait une distraction", a déclaré David Ake, le directeur de la photographie de l’agence. Une des rédactrices en chef de l’AP s’est excusée sur Twitter mais le compte officiel de l’organisme n’a toujours rien publié directement.

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"Les activistes et personnes de couleur doivent être respectées. POINT À LA LIGNE !!!"

Greta Thunberg s’est également exprimée sur son compte Instagram, rappelant à quel point cette exclusion était intolérable.

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"Ce vendredi, cinq représentantes de Fridays for Future ont tenu une conférence de presse à Davos. Une agence de presse a décidé de retoucher la photo, en coupant Vanessa Nakate de l’image. Ceci est complètement inacceptable, à énormément de points de vue. Tel que Vanessa l’a dit elle-même : 'Vous n’avez pas juste effacé une photo. Vous avez effacé un continent.' #FridaysForFuture"

Par Lise Lanot, publié le 27/01/2020

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