© Andy Warhol

Andy Warhol gagne le procès contre la photographe Lynn Goldsmith pour sa série sur Prince

Un tribunal new-yorkais a statué que les sérigraphies de Prince par Warhol n'entravaient pas les droits de l'auteure de la photo.

En décembre 1981, la photographe Lynn Goldsmith immortalisait Prince en chemise blanche, pantalon noir et mèche de cheveux sur le côté. L’image devait paraître dans le magazine Newsweek mais ne sera jamais publiée. Trois ans plus tard, c’est Vanity Fair qui achète la licence de l’image pour 400 dollars et qui demande à Andy Warhol d’en faire une illustration pour un article sur Prince.

L’artiste pop réalise des sérigraphies du chanteur à sa manière : la photo est contrastée, colorée de violet et de rouge, et imprimée dans le magazine. Plus tard, Warhol continuera de créer avec ces photos de Prince prises par Goldsmith une série de 16 œuvres appelée Prince Series. Plus de trente ans après sa mort, le verdict du procès qui opposait les deux partis est rendu : la justice américaine a statué que cette utilisation de cette photo n’était pas illégale.

Publicité

© Andy Warhol

Selon un tribunal new-yorkais, Andy Warhol n’a violé aucune loi de propriété intellectuelle puisque son travail est en contraste avec la photo originale, raconte le site Artnet News :

"Chaque œuvre de Prince Series est immédiatement reconnaissable comme un 'Warhol' plutôt que comme une photo de Prince – de la même façon que les célèbres représentations de Marilyn Monroe et Mao sont reconnaissables comme des 'Warhol', pas comme des photos réalistes de ces personnes", a indiqué le juge, cité par Associated Press.

Publicité

David contre Goliath

"Warhol est un des artistes les plus importants du XXe siècle et nous sommes satisfaits que la cour ait reconnu sa contribution inestimable à l’art et ait défendu ses travaux", s’est réjoui l’avocat Luke Nikas. Le procès opposait en effet la Fondation Andy Warhol et la photographe Lynn Goldsmith. Le combat judiciaire avait commencé en 2017, lorsque la fondation a attaqué en justice la photographe pour "protéger les travaux et l’héritage" de l’artiste.

À l’époque, la photographe aurait commencé à "secouer" la fondation en faisant valoir ses droits d’auteur, et par la suite, elle a fini par déposer une plainte, en réaction. "Je sais que certaines personnes pensent que j’ai commencé ça, et que j’essaie de gagner de l’argent. C’est ridicule, la Warhol Foundation m’a attaquée en premier pour ma propre photographie", explique-t-elle à Artnet News.

Pour Lynn Goldsmith, cette lutte est un combat de David contre Goliath. "Est-ce que vous pensez que je veux de cette bataille ? Mais si je ne le fais pas, qu’est-ce qu’il se passera pour tous les artistes dans le futur ?", demande la photographe. En attendant peut-être un appel de la part d’une des premières femmes photographes opérant dans le monde du rock’n’roll, Andy Warhol fait encore polémique depuis sa tombe.

Publicité

Par Sirine Azouaoui, publié le 30/07/2019

Copié

Pour vous :