© Collection Billy Monk

Sous l'apartheid, Billy Monk immortalisait les nuits underground de l'Afrique du Sud

Dans les années 1960, le photographe aux mille vies baladait son appareil photo dans les bulles de résistance à l'Apartheid.

Le photographe Billy Monk semble avoir vécu mille vies. The Container, la galerie tokyoïte qui présente l’exposition "Defiance and Decadence Under Apartheid", comprenant une vingtaine de ses œuvres inédites, raconte qu’il fut tour à tour "restaurateur, mannequin, braconnier d’écrevisses, contrebandier, petit criminel, plongeur de diamants et, pendant quelque temps, videur de la célèbre boîte de nuit underground 'The Catacombs'".

Figure légendaire des nuits sud-africaines, Billy Monk compile les mystères. On ignore sa date de naissance et les circonstances de sa mort, survenue en 1982 alors qu’il se rendait à sa première expo solo, restent fumeuses. Il se raconte que son assassinat serait lié à une histoire de trafic de diamants.

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"The Catacombs", 3 novembre 1967. (© Collection Billy Monk)

Dans les années 1960, l’Afrique du Sud est secouée par les conséquences de l’apartheid, qui régit le pays depuis plus de dix ans. En mars 1960, 69 manifestant·e·s noir·e·s sont tué·e·s lors du massacre de Sharpeville, un épisode de brutale répression policière.

Billy Monk n’était pas photoreporter ; cependant ses images de la nuit sud-africaine, des concerts de jazz et des soirées de débauche partagées par Noir·e·s et Blanc·he·s sont des sujets de société tant elles nous plongent dans les bulles de résistance formées par celles et ceux qui refusaient ce régime raciste.

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Le photographe immortalisait sans différence "des chalutiers tout sourire et des prostituées, […] un marin alcoolisé […] ou une étudiante des beaux quartiers venue se dévergonder", raconte Craig Cameron-Mackintosh, le directeur de la collection Billy Monk. Les images, montrant des Noir·e·s et des Blanc·he·s, étaient interdites de diffusion pendant l’apartheid.

Près de cinquante ans plus tard, les monochromes de Billy Monk ont droit à une seconde chance. Ses photographies sont toutes aussi décadentes et explosives qu’à l’époque, mais leur joyeuse façade rappelle cependant une sombre portion de l’Histoire.

"Outside the Catacombs", 14 octobre 1967. (© Collection Billy Monk)

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"Outside the Catacombs", mars 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 3 avril 1969. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 3 mars 1968. (© Collection Billy Monk)

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"The Catacombs", 9 février 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 9 octobre 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 11 novembre 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 13 octobre 1967. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 14 décembre 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 25 janvier 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 28 février 1967. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", 1967. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", décembre 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", mars 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Catacombs", octobre 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Spurs", 6 février 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Spurs", 27 février 1968. (© Collection Billy Monk)

"The Spurs", 27 octobre 1967. (© Collection Billy Monk)

"The Spurs", octobre 1967. (© Collection Billy Monk)

"Defiance and Decadence under Apartheid" est à voir à Tokyo jusqu’au 6 janvier 2019, à la galerie The Container.

Par Lise Lanot, publié le 25/10/2019

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