© Amanda Picotte

La beauté des femmes transgenres mise en lumière dans les portraits d'Amanda Picotte

La photographe américaine livre des portraits lumineux de la communauté des femmes transgenres.

#TransIsBeautiful, c’est le hashtag qui accompagne chaque portrait de la série d’Amanda Picotte, photographe vivant à Brooklyn. Pour la réaliser, treize femmes sont passées devant l’objectif de l’artiste : Daniella Carter, Alexandra Lee, Jasmine Infiniti, Daria Dee, Jazmine Shepard, Mojo Disco, Seana Steele, Jari Jones, Nicki Vrotsos, Alana Jessica, Shay Neary, Garnet Rubio et Angelica Torres.

Un casting inclusif, qui se rejoint sur un point : toutes ces femmes appartiennent à la communauté transgenre.

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"Les femmes transgenres de couleur demeurent les membres les plus vulnérables de la communauté queer"

Cette séance photo, portée par la militante et mannequin Khrystyana Kazakova, la modèle Seana Steele, la styliste Guvanch et Amanda Picotte, a été commandée par Refinery 29, à l’occasion du mois des fiertés, en juin dernier.

"C’est le mois des fiertés, un mois que nous n’aurions pas sans femmes de couleur transgenres. Pourtant, malgré un demi-siècle de progrès, les droits des personnes transgenres sont encore inférieurs à ceux d’autres membres de la communauté LGBTQ+, les femmes transgenres de couleur demeurant les membres les plus vulnérables de la communauté queer", explique Khrystyana Kazakova sur la nécessité de rendre visibles ces personnes.

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© Amanda Picotte

En écho à ces revendications identitaires, les treize femmes photographiées apparaissent vêtues de sous-vêtements rose, bleu et blanc, dont les tons reprennent ceux du drapeau de la fierté transgenre, créé en 1999 par Monica Helms, elle-même femme transgenre, auteure et militante.

Souligner l’unicité et la beauté de ces femmes

Reprenant les codes de la photo de mode, les portraits du projet #TransIsBeautiful permettent surtout de mettre en avant toute la beauté et la diversité des femmes transgenres. Cette thématique est d’ailleurs plutôt centrale dans le travail d’Amanda Picotte, elle-même membre de la communauté LGBTQ+.

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© Amanda Picotte

Pour elle, immortaliser ces femmes revêt une importance et une symbolique particulière :

"J’ai commencé à photographier les femmes transgenres lorsque ma cousine a commencé à lutter contre son identité transgenre. Elle est venue vers moi il y a plusieurs années, mais elle était encore très confuse et manquait d’assurance. Nous avons utilisé la photographie comme un espace pour qu’elle essaie de nouveaux looks et expérimente sa féminité. Je suis aussi queer, et je conçois la photo comme ma contribution pour porter ma communauté."

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"Ils ont besoin de réaliser que nous sommes simplement des êtres humains"

Le projet, qui met en lumière les visages et les corps de femmes transgenres, leur a aussi permis de prendre la parole, pour parler de leur quotidien et de leurs ressentis quant à leur place dans la société.

"En termes d’amour, de rencontres et de relations, être une femme transgenre peut souvent se traduire par une vie très solitaire. Ce que je souhaite plus que tout, c’est que les personnes cisgenres, quelle que soit leur orientation sexuelle, renoncent à leurs préjugés à l’égard des personnes transgenres. Ils ont besoin de réaliser que nous sommes simplement des êtres humains qui essayons d’exister dans un monde qui continue à nous ridiculiser, à nous attaquer et à nous assassiner parce que nous vivons authentiquement", confie Angelica Torres à Refinery29.

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"La plus grande difficulté que j’ai rencontrée en tant que femme transgenre a été mon parcours pour apprendre à m’aimer moi-même. Avec autant de haine, non seulement du reste du monde, mais même de notre propre communauté, il est difficile de ne pas abandonner", raconte Grenat Rubiot, également immortalisée par Amanda Picotte.

À l’encontre des standards traditionnels de beauté, les images de la photographe s’inscrivent dans la continuité du projet "The REAL Catwalk". Organisés par Khrystyana Kazakova, ces défilés se déroulent chaque année à Times Square à New York, et déclarent la guerre aux normes de beauté qui font loi dans l’industrie de la mode. Afin de casser l’idée qu’il existerait un "idéal de beauté", ces défilés de sous-vêtements mettent à l’honneur l’inclusivité.

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Par Pauline Allione, publié le 17/09/2019

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