En images : la neige de l'Antarctique a pris une couleur rouge sang

Et ce n'est vraiment pas bon signe.

L’image est forte. L’Antarctique saigne, semblent dire ces images prises par la station de recherche ukrainienne de Vernadsky, en Antarctique, et relayées par Slate. Évidemment, il ne s’agit pas de sang, mais d’algues des neiges aussi surnommées "sang du glacier" en raison de leur teinte carmin.

En sommeil pendant l’hiver, "elles rampent sur le manteau neigeux pour se reproduire à l’arrivée des beaux jours", explique le Muséum national d’histoire naturelle dans une vidéo aux images renversantes. Ce phénomène saisonnier est connu des scientifiques. Le seul problème est qu’à cette période de l’année, la neige ne devrait pas fondre au point de permettre à l’algue des neiges de proliférer.

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Cercle vicieux

En cause : le réchauffement climatique. La fonte des glaces en Antarctique est plus rapide que jamais, alertaient déjà les scientifiques l’an passé. Cette année, de nouveaux clichés de l’Antarctique vu du ciel ont fait l’effet d’un électrochoc. En l’espace de quelques jours, 20 % de la neige a disparu. Entre le 5 et le 13 février, l’Antarctique a battu des records de températures. Le 6 février dernier, il faisait 18,3 °C dans ce qui est supposé être le "continent le plus froid du monde", soit la même température qu’à Los Angeles le même jour.

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Ces algues rouges sont une preuve de plus, s’il en fallait une, qu’il y a urgence. D’autant que leur présence contribue à accélérer la fonte des glaces qui perd son pouvoir réfléchissant au profit de cette teinte rouge. Selon Slate, le "sang du glacier" se nourrit de l’eau liquide engendrée par la fonte. On est face à un véritable cercle vicieux : "L’augmentation des températures due au dérèglement climatique en Antarctique fait fondre davantage de glace, facilitant la reproduction d’algues des neiges, elles-mêmes responsables de l’accélération de la fonte des glaciers."

Sachez que cette fonte de plus en plus rapide entraîne une hausse de plus en plus importante du niveau des océans. Des centaines de millions de personnes seront menacées et chassées par la montée des eaux d’ici à 2100.

Par Clothilde Bru, publié le 02/03/2020