Entre peinture, photo et art numérique, les collages surréalistes de Catherine Balet exposés à Paris

Elle travaille sur ses œuvres composites depuis une vingtaine d’années.

"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

À peine sortie de l’adolescence, Catherine Balet intègre l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris. Sa formation de peintre la pousse à manier les pinceaux quelque temps. Cependant, dans les années 2000, ère de la révolution numérique, elle se tourne vers la photographie.

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La galerie Thierry Bigaignon expose la série Moods in a Room, résultat de cette croisée des supports qu’elle a entamée il y a une vingtaine d’années. Sur la base d’une "peinture originale numérisée qui laisse transparaître ses effets de matière", précise la galerie, Catherine Balet joue avec les textures, les volumes et les espaces, grâce à des images dénichées sur la Toile ou puisées dans ses archives personnelles. Au sein de savants collages, la peinture rencontre la photo et les différents outils numériques avec lesquels joue l’artiste.

L’impression d’étrangeté qui découle des œuvres provient de leurs allures holographiques. Sur une seule image, on distingue parfois plusieurs angles d’une même silhouette, une surimpression de visages ou des contours floutés par l’accumulation d’objets. Mais le chaos n’est qu’apparent et Catherine Balet parvient à créer des huis clos dont émane un calme surprenant, qui paraît presque antinomique à l’impression ressentie au premier regard.

Le calme face à la tempête

"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

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Fannie Escoulen, commissaire de l’exposition, voit dans les personnages protéiformes créés par l’artiste des protagonistes "isolés, face à eux-mêmes ou aliénés à leurs écrans, des figures hiératiques qui évoluent dans un monde contemporain, celui de la modernité, de la technologie". Ainsi, l’ancien rencontre le moderne, dans le fond comme dans la forme.

Si les protagonistes nous paraissent éloignés à cause de leurs regards ou de leurs attitudes, les scènes qu’ils vivent sont d’une telle intimité qu’elles en deviennent presque proches de nous, réconfortantes. Le fait qu’on reconnaisse, çà et là, un dos d’Ingres ou une silhouette de Botticelli agit comme des clins d’œil à répétition, des marques de familiarité dans un enchevêtrement d’informations.

Bien que Moods in a Room ait une identité tout à fait singulière, elle rappelle en filigrane certains grands noms de l’histoire de l’art, autre passion de l’artiste. Les bleus d’une piscine évoquent David Hockney tandis que le détachement des personnages rappelle des scènes d’Edward Hopper. Avec son surréalisme assumé, la série parvient à ne pas se perdre dans un délire purement introspectif mais à jouer avec différentes facettes fantasmagoriques. En un coup d’œil comme en quinze, les collages de Catherine Balet ont une multitude d’histoires à raconter.

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"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

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"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

"Moods in a Room". (© Catherine Balet/courtesy galerie Thierry Bigaignon)

La série Moods in a Room de Catherine Balet est à découvrir à la galerie Thierry Bigaignon du 7 février au 30 mars 2019. Le vernissage a lieu le 7 février de 18 heures à 21 heures.

Par Lise Lanot, publié le 30/01/2019

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