Photograph of Dr. Martin Luther King, Jr. standing between Dr. Benjamin Spock and Monsignor Rice of Pittsburgh at the Solidarity Day Parade in which participants marched from Central Park to the United Nations on April 15, 1967.

Une exposition rend hommage à Martin Luther King et sa lutte pour les droits civiques

Jusqu’au 24 juin 2018, le Museum of the City of New York présente une exposition à la mémoire de Martin Luther King qui marque les cinquante ans de sa mort.

Martin Luther King Jr. écrit ses notes avant de faire son discours "Beyond Vietnam" à la Riverside Church, 4 avril 1967. (© John C. Goodwin)

4 avril 1968, 18 heures 01. Memphis. Martin Luther King se fait assassiner devant les yeux de ses amis militants, lors d’un déplacement dans le Tennessee pour soutenir des éboueurs noirs sous-payés, en grève depuis un mois. Un jour avant, Luther King avait fait un discours qui résonnera comme une prophétie, dans une église de Memphis :

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"Comme tout le monde, j’aimerais vivre une longue vie. La longévité est importante mais je ne suis pas concerné par ça maintenant. Je veux juste accomplir la volonté de Dieu. Et il m’a autorisé à grimper sur la montagne ! Et j’ai regardé autour de moi, et j’ai vu la Terre promise. Je n’irai peut-être pas là-bas avec vous.

Mais je veux que vous sachiez ce soir, que nous, en tant que peuple, atteindrons la Terre promise. Et je suis si heureux ce soir. Je n’ai aucune crainte. Je n’ai peur d’aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur !"

Le lendemain, il est assassiné d’une balle dans la gorge sur le balcon du Lorraine Motel dans lequel il séjournait (devenu par la suite le musée national des Droits civiques). On rapporte que ses dernières paroles étaient destinées au musicien Ben Branch, à qui il demandait de jouer "Precious Lord, Take My Hand", "de la plus belle manière, à la réunion de ce soir". Une heure plus tard, à 19 heures 05, il est déclaré mort au Saint Joseph’s Hospital.

Une petite fille tenant une photo de Martin Luther King durant la marche à la mémoire du défunt, 1968. (© Austin Hansen / courtesy Photographs & Prints Division, Schomburg Center for Research in Black Culture, The New York Public Library, Astor, Lenox & Tilden Foundations, avec l’aimable permission d’Austin Hansen)

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Sa mort provoque une vague d’émeutes violentes dans 60 villes à travers les États-Unis. Pas moins de 300 000 personnes assistent à ses funérailles, et le président Johnson déclare le premier jour de deuil national pour un Afro-Américain en l’honneur de King. Lors de son oraison funèbre, sa femme reprend un de ses derniers sermons dans lequel il demandait qu’à sa mort, on ne mentionne aucun de ses honneurs, mais qu’on dise de lui qu’il avait essayé de "nourrir les affamés", "d’habiller les nus", "d’être droit sur la question du Viêt Nam" et "d’aimer et servir l’humanité".

Pour boucler la boucle, son amie Mahalia Jackson chantera "Take My Hand, Precious Lord" de la plus belle manière qui soit et la grève s’achèvera de manière favorable pour les éboueurs de Memphis. L’autopsie montrera que Luther King avait le cœur d’un homme âgé de 60 ans, alors qu’il n’en avait que 39. Le biographe Taylor Branch expliquera cela par le stress qu’il a dû subir durant treize ans de lutte pour les droits civiques, ses quelque 9,6 millions de kilomètres parcourus de 1957 à 1968, ses quatre agressions physiques, ses vingt arrestations et ses 2 500 discours publics. D’autres peuvent penser que son cœur reflétait sa sagesse.

Le 4 avril dernier marquait les 50 ans de sa mort tragique, et jusqu’à aujourd’hui, le mystère reste épais autour des raisons de son assassinat, et du coupable. Des théories conspirationnistes autour de sa mort se sont échafaudées jusqu’en 2004 bien qu’on ait nommé le meurtrier : James Earl Ray. Une chose est sûre, Martin Luther King aura marqué ces décennies de lutte pour les droits des Noirs, dans une Amérique gangrenée par le racisme.

Une exposition qui met en lumière sa relation à New York

Martin Luther King Jr. et Coretta Scott King devant l’hôpital de Harlem, 1958. (© Photographe inconnu / courtesy Steven Kasher Gallery)

En hommage à cet illustre activiste, le Museum of the City of New York a mis sur pied une exposition qui lui est dédiée, intitulée "King in New York". Elle retrace la rencontre de ce grand humaniste avec la ville de New York. Cette dernière a joué un grand rôle dans le mouvement des droits civiques, dans les années 1960.

Les images exposées, dont le grain rend la lecture douce, le montrent lors de ses sermons dans des églises, lors de ses discours plus politiques pour les Nations Unies, et témoignent de sa relation avec les activistes new-yorkais. Ses visites dans la Grosse Pomme étaient fréquentes. La directrice du musée, Whitney Donhauser, explique :

"Cinquante ans après la mort de Martin Luther King Jr. et à l’occasion de son 89e anniversaire, "King in New York" met en lumière l’influence importante de New York sur l’un des leaders les plus respectés du mouvement des droits civiques. Cette exposition éclaire une dimension de Martin Luther King, Jr. qui est souvent négligée dans sa relation avec New York et le rôle de cette ville dans le mouvement de la liberté noire."

Les photographies ont été sélectionnées à partir de la collection du musée, et d’autres proviennent de photographes qui ont assisté à son combat : Benedict J. Fernandez, Fred McDarrah, Burt Glinn, Builder Levy, Austin Hansen, Monroe Frederick, ou encore John C. Goodwin, pour ne citer qu’eux. Composée de trois parties ("King sur la scène new-yorkaise" ; "King sur la scène internationale" ; et "À la mémoire de King"), l’exposition suit différents moments et parcourt différents lieux de sa lutte, jusqu’à sa disparition.

La photographie a indéniablement accompagné le mouvement des droits civiques, et New York a été un témoin de premier ordre de la lutte de King, l’érigeant à tout jamais comme l’une des personnes les plus influentes et mémorables du XXe siècle.

Martin Luther King et Madame Du Bois Peck, seule petite-fille de W.E.B. Du Bois, à la réception de Freedomways, après le Centennial Tribute de Du Bois à Carnegie Hall, 23 février 1968. (© Builder Levy)

Martin Luther King après la réception de W.E.B. Du Bois, lors du Centennial Tribute à Carnegie Hall durant lequel il a fait un discours, 23 février 1968. (© Builder Levy)

Martin Luther King Jr. avec Adam Clayton Powell Jr., Coretta Scott King et A. Philip Randolph à l’aéroport, date inconnue. (© Austin Hansen / courtesy of Photographs & Prints Division, Schomburg Center for Research in Black Culture, The New York Public Library, Astor, Lenox & Tilden Foundations, avec l’aimable permission d’Austin Hansen)

Martin Luther King Jr. avec Harry Belafonte et George Goodman enregistrant une interview, 1957. (© Austin Hansen / courtesy Photographs & Prints Division, Schomburg Center for Research in Black Culture, The New York Public Library, Astor, Lenox & Tilden Foundations, avec l’aimable autorisation d’Austin Hansen)

Martin Luther King Jr. préside le Prayer Pilgrimage, 1957. (© Austin Hansen / courtesy Photographs & Prints Division, Schomburg Center for Research in Black Culture, The New York Public Library, Astor, Lenox & Tilden Foundations, avec l’aimable autorisation d’Austin Hansen)

Martin Luther King avec Coretta Scott King et Ralph Bunche aux Nations Unies, 4 décembre 1964. (© Photographe inconnu / courtesy of Daily Worker/Daily World Photographs Collection, Tamiment Library & Robert F. Wagner Archives, New York University)

Martin Luther King Jr. fait un discours au W.E.B. Du Bois Centennial Tribute, 23 février 1968. (© Photographe inconnu / courtesy of Daily Worker/Daily World Photographs Collection, Tamiment Library & Robert F. Wagner Archives, New York University)

De gauche à droite : John Lewis, Whitney Young, A. Philip Randolph, Martin Luther King Jr., James Farmer et Roy Wilkins se rencontrent à l’hôtel Commodore pour planifier la marche sur Washington pour l’emploi et la liberté, 2 juillet 1963. (© Photographe inconnu / courtesy Library of Congress, Prints & Photographs Division, LC-USZ62-126847)

Martin Luther King à une conférence de presse au Gracie Mansion, 30 juillet 1964. (© Dick DeMarsico / courtesy Library of Congress, Prints & Photographs Division, LC-USZ62-122988)

Martin Luther King Jr. avec l’archevêque de New York, Francis Joseph Cardinal Spellman, et le gouverneur Nelson Rockefeller à la New York Civil War Centennial Commission (Centennial of the Emancipation Proclamation), 12 septembre 1962. (© Photographe inconnu / courtesy New York State Archives)

De gauche à droite : le rabbin Abraham Joshua Heschel, l’historien Henry Steele Commager, Martin Luther King Jr., et le président de l’Union Theological Seminary, John Bennett, à la Riverside Church, 4 avril 1967. (© John C. Goodwin)

Martin Luther King, Jr. faisant un discours à la remise de diplômes du City College of New York, 12 juin 1963. (© Stephen Somerstein)

Martin Luther King, Jr. à la remise de diplômes du City College of New York avec le chancelier du City College, Dr. Buell Gallagher, 12 juin 1963. (© Stephen Somerstein)

Entouré de soutiens, de conseillers et du personnel de sécurité, Martin Luther King se prépare pour son discours aux Nations Unies. À gauche, la correspondante de NBC, Ponchitta Pierce, 15 avril 1967. (© Benedict J. Fernandez / courtesy of Museum of the City of New York, offert par Benedict J. Fernandez, 99.150.6)

Benjamin Spock, King et Monseigneur Rice de Pittsburgh marchent à la Solidarity Day Parade des Nations Unies, 15 avril 1967. (© Benedict J. Fernandez / courtesy of Museum of the City of New York, offert par Benedict J. Fernandez, 99.150.9)

Martin Luther King, Jr. s’adressant à une foule rassemblée devant les Nations Unies. Les drapeaux du Dag Hammarskjold Plaza flottent au second plan. Ici, il a fait un discours qui qualifiait la guerre du Viêt Nam de guerre raciste devant une foule estimée à 500 000 personnes, 15 avril 1967. (© Benedict J. Fernandez / courtesy of Museum of the City of New York, offert par Benedict J. Fernandez, 99.150.3)

"Alors qu’il était entouré par la foule lors de son discours aux Nations Unies, le 15 avril 1967, je me suis mis à genoux et j’ai surpris Luther King dans un moment de réflexion profonde. Ma détermination à immortaliser ce moment nous a rendus amis." (© Benedict J. Fernandez / courtesy of Museum of the City of New York, offert par Benedict J. Fernandez, 99.150.3)

"King in New York", une exposition à voir au Museum of the City of New York, jusqu’au 24 juin 2018.

Par Donnia Ghezlane-Lala, publié le 22/05/2018

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