Avec Face à la mer, Aliocha Boi fait parler les murs d’anciennes bâtisses à Cuba

Le photographe nous embarque au cœur des Caraïbes.

© Aliocha Boi

Quand on pense à Cuba, on a souvent des images préconçues en tête : on imagine des rues colorées, désertes, de vieilles voitures, des cigares et du rhum. Et pourtant, c’est bien loin de ces clichés que le photographe Aliocha Boi a décidé d’immortaliser l’État insulaire. En effet, en voyage sur place, il a réalisé une série intitulée Face à la mer qui aborde la transformation du pays au cours de ses dernières décennies.

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Pour cela, il s’est rendu à deux endroits complètement différents et qui pourtant se font écho. Dans un premier temps, il est allé visiter l’ancien hôtel Riomar du littoral de La Havane, dans le quartier de Miramar. L’importante bâtisse, construite durant les années 1950, est aujourd’hui une ruine. Son propriétaire avait pourtant l’ambition d’en faire l’un des plus beaux complexes de la capitale cubaine avec 11 étages, 172 appartements, une salle de bal, deux grandes piscines et un immense espace de réception. Aujourd’hui, l’endroit a été laissé à l’abandon, il s’est peu à peu détérioré et malgré son état particulièrement vétuste, il abrite encore des familles cubaines qui refusent de partir et occupent les trois premiers étages.

Faste et abandon

De l’autre côté de l’île, Aliocha Boi nous embarque à Tarara, une ville située à l’est de La Havane. Là aussi, on y découvre un complexe immobilier sur lequel la nature a repris ses droits. Le faste de l’établissement, construit dans les années 1940, était sans pareil : le Tarara comptait 400 résidences, un yacht-club, une église, des magasins, un cinéma, une marina, un parc public et une superbe plage offrant un passage à la mer.

Après la Révolution cubaine, les propriétaires ont été obligés de quitter l’île, laissant derrière eux cet immense bâtiment. L’endroit a ensuite vu défiler beaucoup de monde, notamment Che Guevara qui y a écrit son livre La Guerre de guérilla, puis des enfants ukrainiens touchés par la catastrophe nucléaire, des personnes aveugles, des étudiants chinois, des ambassadeurs étrangers. Aujourd’hui, l’endroit semble hors du temps, et s’il reste quelques maisons occupées, la plupart ont été abandonnées.

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À travers ses images, le photographe nous présente ces deux lieux à l’histoire chargée et chargés d’histoire(s), en toute simplicité, soulignant avec justesse les contrastes du pays. Des images prises face à la mer, qui portent les traces des va-et-vient de ceux qui s’y sont installés et qui sont repartis.

© Aliocha Boi

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Vous pouvez retrouver le travail d’Aliocha Boi sur son compte Instagram et son site personnel.

Par Lisa Miquet, publié le 27/12/2018

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