L’astronaute Thomas Pesquet explique comment il prend ses photos depuis l’espace

L’astronaute Thomas Pesquet explique comment il prend ses photos depuis l’espace

photo de profil

Par Donnia Ghezlane-Lala

Publié le

Après avoir vu ses photos conquérir la Toile, l’astronaute a reçu beaucoup de questions, notamment sur le matériel qu’il utilise et la manière dont il procède.

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Ces dernières semaines, les photos prises par Thomas Pesquet, l’astronaute français en séjour à la Station spatiale internationale, ont beaucoup tourné. Ultra-connecté depuis l’espace, il documente sa vie intergalactique depuis son compte Flickr et nous montre la beauté de notre cosmos : des images aériennes de notre planète, l’apesanteur dans le vaisseau Soyouz et son expérience unique. Dans un post Facebook, il a répondu, photos à l’appui, à la masse de questions qu’on lui posait : comment ça se passe là-haut pour prendre des photos ? Quel matériel utilise-t-il ?

Ground Control to Major Tom

Les membres à bord du vaisseau utilisent un logiciel de navigation pour savoir exactement au-dessus de quel pays ou ville ils se trouvent. Cela leur permet de pouvoir géolocaliser facilement chaque photo qu’ils prennent, ou tout simplement d’avoir une notion spatiale de temps en temps pour ne pas se sentir trop désorientés. Ce logiciel leur permet une précision assez incroyable, il peut par exemple les prévenir quand ils passent au-dessus d’une ville précise comme Paris.

Ensuite, il n’y a plus qu’à espérer que le temps ne soit pas trop mauvais pour pouvoir prendre une belle photographie : “La présence de nuages signifie pas de photos”, atteste Thomas Pesquet. Le réel inconvénient reste la vitesse du vaisseau : “On vole tellement vite que notre passage au-dessus du spot est très court. Il faut compenser en étant réactif pour obtenir des images nettes. Il y a une tonne d’opportunités créatives possibles : de la photographie de nuit ou un timelapse.”

Thomas Pesquet explique également qu’ils ont une tonne de matériel photographique disponible à bord du vaisseau, sans compter la vue incroyable qui s’offre à eux : Thomas utilise un Nikon D4s et une variété d’objectifs : “Du 8mm, pour des photos d’intérieur à du 800mm avec un multiplicateur de focale de x1.4, qui est notre zoom le plus large et mon arme favorite. Le 800 mm x 1.4 et le 50-500 mm sont géniaux pour tout ce qui touche à l’observation de la Terre.”


Dans la Cupola (ci-dessus, la coupole d’observation panoramique de la Station spatiale internationale) ou dans le segment russe, on peut effectivement voir pas mal de gros objectifs et comment ils sont rangés : “Dans la Cupola, on garde toujours des appareils photo prêts à être utilisés. On ne sait jamais : on peut être en train de faire de l’exercice et tout à coup, l’Everest ou les Caraïbes défilent sous vos pieds… La Station dispose d’une salle de sport pas comme les autres !”

Le segment russe, quant à lui, propose “de supers hublots au nadir (c’est-à-dire à visée verticale)”. Dans la photo ci-dessous, on peut voir à droite, sur l’écran d’ordinateur, le fameux logiciel de navigation dont il parle. S’ensuit une petite visite en photo du LAB ou “le coin appareils photo” : “C’est là qu’on garde les appareils dont on ne se sert pas, les batteries chargées, les flashs et tous les objectifs spécialisés comme les macros pour les objets très proches, le fish-eye et ceux réservés aux sorties dans l’espace.”