© Wilson Webb/Columbia Pictures

Le casting des "Filles du Docteur March" immortalisé grâce à une technique ancienne

Emma Watson, Saoirse Ronan, Timothée Chalamet, Louis Garrel, Laura Dern : ils sont passés devant l'objectif de Wilson Webb.

Alors que Les Filles du Docteur March vient de remporter l’Oscar des meilleurs costumes, le photographe Wilson Webb (engagé par la société de production du film, Columbia Pictures) a révélé des portraits de promotion qui semblent nous parvenir d’un autre temps.

Après Lady Bird et son ode aux années 2000, Greta Gerwig signe ici une adaptation du roman de l’autrice américaine Louisa May Alcott, publié en 1868, mettant en scène les aventures amoureuses, familiales et professionnelles de quatre filles issues de la classe moyenne, durant la guerre de Sécession. Quoi de mieux pour Webb qu’une technique photographique ancienne pour illustrer cette époque ?

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Florence Pugh. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Le photographe américain a ainsi fait poser, de manière sobre et assez officielle, le casting entier du film, dans leurs costumes récompensés : on reconnaît entre autres les visages de Florence Pugh, d’Emma Watson, de Saoirse Ronan, de Timothée Chalamet, de Laura Dern, de Louis Garrel et de Bob Odenkirk. Pour un portrait, il fallait 40 minutes de travail.

"Les acteurs ne devaient pas bouger d’un poil, non pas parce que l’exposition était longue mais parce que la quantité d’image mise au point est inférieure à un pouce de profondeur [2,54 cm, N.D.L.R.]. Il faut dix à vingt secondes pour préparer la plaque à exposer. Si quelqu’un bougeait légèrement, la photo était floue. (…)

Environ 25 000 watts-secondes de flash ont été utilisés pour chaque photo. C’était si éclairé qu’on pouvait sentir l’odeur et la chaleur de la lumière, semblable à un orage", a précisé Wilson Webb.

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Les détails et aspérités de la plaque photographique apportent un vrai cachet aux portraits, et nous transportent dans le passé.

Making of

Utilisant une technique créée au XIXe siècle, Wilson Webb ressuscite les plus belles heures du collodion humide. Ce procédé de développement photographique a été attribué au photographe britannique Frederick Scott Archer, en 1851, et consiste à fixer une image sur une plaque en verre, grâce à une solution de nitrate de cellulose dissous dans un mélange d’éther et d’alcool. C’est ce liquide que l’on appelle le "collodion".

© Kimberly Scarsella

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Comme un révélateur, ce mélange permettra ensuite de faire apparaître l’image sur la plaque, une fois plongée dans un bain de nitrate d’argent pour la "sensibiliser" à la lumière. Après avoir égoutté la plaque, on la dispose dans un châssis étanche à la lumière, au sein d’une chambre noire où la prise de vue se fait à l’aide d’une chambre photographique.

La plaque doit immédiatement être développée dans une chambre éclairée d’une lumière rouge clair avec, au choix, de l’acide gallique ou du sulfate de fer. La fixation de l’image se peaufine grâce au thiosulfate de sodium ou au cyanure de potassium. Wilson Webb a partagé le making of de sa cuisine de petit chimiste, dans des images qui témoignent de la méticulosité du procédé.

Saoirse Ronan. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

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Saoirse Ronan. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Emma Watson. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Chris Cooper. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Emma Watson et James Norton. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Timothée Chalamet. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Bob Odenkirk. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Louis Garrel. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Eliza Scanlen. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

Laura Dern. (© Wilson Webb/Columbia Pictures)

© Kimberly Scarsella

© Kimberly Scarsella

© Kimberly Scarsella

© Kimberly Scarsella

© Kimberly Scarsella

© Wilson Webb/Columbia Pictures

© Kimberly Scarsella

Par Donnia Ghezlane-Lala, publié le 19/02/2020