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Nicky Hamilton a construit la réplique exacte d’un restaurant chinois pour une série photo vintage

Le photographe propose une ode visuelle au plaisir de l’attente.

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

Nicky Hamilton est un véritable couteau suisse. Sur ses projets personnels, il gère tout, de la conception des décors à la postproduction. Pour son dernier long projet, The Lonely Man, le photographe a passé quatre ans à recréer à la main et en studio les intérieurs parfaits qui abriteraient une série autobiographique.

Déjà à l’époque, cette volonté de prendre le temps de tout créer lui-même s’élevait contre l’impression que le numérique changeait la face de l’art et que la tendance était à la création rapide et abondante pour les artistes : "La photographie a connu une mutation, toute personne possédant un smartphone aime montrer au monde ce qu’elle veut, et d’un glissement de l’écran, le monde regarde."

Prendre le temps de célébrer la solitude et l’attente

Malheureusement, après cet intensif labeur, Nicky Hamilton est tombé dans les affres de ce qu’il redoutait et il raconte avoir commencé à ressentir des troubles du déficit de l’attention :

"Je me suis perdu dans le monde des réseaux sociaux, dans une quête de publicité, d’inspiration et, pour être honnête, d’affirmation. […] Je passais chaque moment de creux avec mon téléphone dans la main. Ça me démangeait s’il était hors de portée. J’avais perdu ma capacité à me perdre dans mes pensées, j’avais toujours besoin d’une distraction et je devenais anxieux à l’idée de ne rien faire. C’était l’exact opposé de ce que j’étais enfant."

En tombant sur un traiteur chinois, dont le restaurateur attendait tranquillement le client derrière son comptoir, l’artiste a été frappé par cet état, devenu rare, de l’attente. Touché par cette scène inattendue, il a décidé de revenir à ses vieilles habitudes et a créé une réplique agrandie du restaurant dans son studio, pour sa série Take Me Away.

L’agrandissement était nécessaire pour le photographe, qui souhaitait utiliser une longue focale et donner une ambiance plus cinématographique à ses images. Créer son propre décor a aussi permis à Nicky Hamilton de déplacer les murs et de modifier les perspectives.

Malgré cette volonté de jouer avec la lumière et l’espace, le photographe souhaitait que les photos se rapprochent le plus possible de la réalité du petit restaurant. C’est donc le vrai gérant du comptoir qui pose sur les images et Nicky Hamilton est régulièrement allé prendre des notes sur le terrain, afin de reproduire des scènes réalistes du quotidien.

Baignées dans une ambiance vintage, les photographies semblent effectivement sortir d’un autre temps, d’autant plus qu’un seul des personnages fixe son téléphone portable.

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

"Take Me Away". (© Nicky Hamilton)

Vous pouvez retrouver le travail de Nicky Hamilton sur son site et sur son compte Instagram.

Par Lise Lanot, publié le 25/01/2019

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