Des plongeurs ont photographié de près un grand requin blanc de 2,5 tonnes

Une belle rencontre.

Le 16 janvier dernier, Juan Oliphant (aussi appelé Juan Sharks) prenait une photo de son acolyte de plongée Ocean Ramsey et d’un grand requin blanc, qu’ils ont pu tous deux toucher et approcher de très près. Ce cliché impressionnant, d’abord partagé sur le compte de la biologiste marine, a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, cumulant près de 100 000 likes.

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Ce jour-là, celui qui se fait appeler "The Shark Photographer" ("le photographe de requins") a été faire de la plongée, aux côtés du photographe Cam Grant, d’Ocean Ramsey et de son équipe de One Ocean Diving, dans un endroit tenu secret le long de la côte hawaïenne d’Oahu. Ces experts, un peu téméraires, veulent sensibiliser le monde à la protection des océans et des requins, et étudient, depuis des années, le comportement de ces derniers.

Pour ces images, l’équipe a eu la chance de voir passer devant elle une énorme femelle requin blanc mesurant six mètres de long et pesant 2,5 tonnes, que l’on a d’abord pris pour "Deep Blue", l’un des plus grands requins blancs jamais enregistrés.

À My Modern Met, Ocean Ramsey, native d’Oahu, raconte : "Il y a une théorie selon laquelle les grosses femelles [requins] viennent ici quand il y a des baleines probablement enceintes. […] Il y avait un cachalot mort dans la région et nous l’avons observée [la femelle requin] de loin, elle nageait autour de lui et le mangeait par petit bout tout au long de la journée. Les requins [jouent un rôle] dans l’écosystème, en éliminant les morts, les mourants, les faibles, les blessés, les malades, etc., et en gardant les niveaux trophiques inférieurs en équilibre."

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Une valse océanique

Malgré sa taille, la bête n’a pourtant pas intimidé nos scientifiques et leurs deux photographes, qui se sont laissés entraîner dans une valse océanique et un shooting improvisé. La femelle leur a consacré un temps précieux. Ocean Ramsey a travaillé auprès de trente espèces de requins à travers le monde, et ce depuis plus de quinze ans, et n’encourage personne à faire de même. Elle confie :

"En tant que biologiste spécialiste des requins, je travaille quotidiennement dans l’eau avec des requins et j’enseigne des programmes de sécurité publics et professionnels à travers One Ocean Research et One Ocean Diving ainsi que par un certain nombre de nos projets internationaux qui incluent également la recherche autour du grand requin blanc. Je m’efforce de remplacer la peur par des faits scientifiques et encourage le respect des requins. […] Ce sont des requins et je les aime et les respecte pour ce qu’ils sont. Oui, j’adore les requins. […] [C’est] ma mission dans la vie, ma passion, et je pense que mon but est de poursuivre mes efforts pour leur protection par le biais de la recherche, de la préservation, de la sensibilisation et de la conception de programmes immersifs et percutants. […]

Je viens de découvrir que le projet de loi interdisant l’abattage délibéré de requins et de raies à Hawaï sera présenté de nouveau cette année […] au Sénat, grâce à toute la presse positive sur les requins issue de cette incroyable rencontre, ces derniers jours. Mahalo nui loa (merci) à tous ceux qui soutiennent les efforts en faveur de la conservation des requins et de la mer."

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Malgré la polémique lancée par le biologiste David Shiffman, considérant ces scènes comme un acte de harcèlement envers l’animal, auquel Ramsey a répondu que "les requins cherch[aient] le contact, que les caresses ne leur [faisaient] pas de mal, et que s’ils n’appréciaient pas, ils pourraient très facilement faire passer le message", elle poursuit en témoignant de son émotion dans un autre post Instagram :

"Croiser le regard d’un grand blanc qui s’approche lentement et directement vers moi est un sentiment que j’ai eu la chance de ressentir plusieurs fois auparavant, mais que dire de l’escorte de dauphins à dents rugueuses ? Je ne pourrai jamais en dire assez sur l’importance des requins dans le maintien d’écosystèmes marins sains. Pour l’océan, nous avons besoin de requins et pourtant, peut-être en raison de la façon négative et inexacte dont ils sont dépeints dans les médias, beaucoup de gens se moquent du fait que 70 000 000 à 100 000 000 requins soient tués chaque année ! Pire encore, ils sont tués principalement pour de la soupe d’ailerons de requin ou pour la pêche sportive. […] Je n’encourage personne à faire comme moi. […] Ce ne sont pas des chiots… Mais c’était la plus douce grand-mère que j’ai jamais rencontrée."

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Par Donnia Ghezlane-Lala, publié le 29/01/2019

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