© Kanya Iwana

Rencontre : les photos cinématographiques de Kanya Iwana célèbrent la diversité des femmes

Les clichés délicatement romantiques de la photographe indonésiennes font la part belle aux corps et visages féminins.

Avec ses photographies, Kanya Iwana s’est bâti un monde à part, singulier et unique. Un monde empli de romance et de douceur, où les rayons du soleil sont de couleur rose ou bleutée, et au sein duquel on croise tour à tour la chanteuse Sabrina Claudio, les jumelles Shannon et Shannade Clermont, ou l’artiste Jaycina, accompagnée de sa petite fille Six.

C’est que les femmes, qu’elles soient jeunes ou âgées, mères ou musiciennes, afro-américaines ou indonésiennes, transgenres ou cisgenres, ont une importance primordiale dans l’univers de cette native de Jakarta, désormais installée à Los Angeles. Elles en sont même devenues le cœur. "Sans m’en rendre compte, au fil du temps, je suis parvenue à créer un espace sûr pour [les femmes]", nous confiera celle qui semble avoir inconsciemment fait de la représentation de la diversité son combat. Rencontre.

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Noah Cyrus dans l’œil de Kanya Iwana. (© Kanya Iwana)

Cheese | J’aimerais d’abord revenir à tes débuts. Comment as-tu commencé à t’intéresser à la photo ?

Kanya Iwana | Ça a commencé durant mon adolescence, au lycée je dirais. C’était une période où je m’amusais à prendre des photos, en vacances, de mes amis… Et puis quelques années plus tard, j’ai intégré une école de cinéma, où je me suis découvert un amour profond pour le récit visuel. J’ai donc repris mon appareil photo de façon plus sérieuse, avec une approche davantage conceptuelle dans mon travail. Et je ne me suis jamais arrêtée depuis !

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À mon sens, tes photos ont quelque chose de très cinématographique. Comment les décrirais-tu ?

Tu as totalement raison, le mot "cinématographique", c’est exactement celui que j’utilise quand je dois parler de mon travail… Tu m’as battue sur ce coup-là !

Y a-t-il des artistes qui t’inspirent particulièrement pour ce travail "cinématographique" ?

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Oui, bien sûr, plein ! Mais Sasha Samsonova, Harley Weir et Driely Carter font incontestablement partie de mon top 3. Ce sont des artistes incroyables, dont le travail est véritablement unique.

La lumière a également un grand rôle au sein de tes photos. Comment parviens-tu à la maîtriser ?

Je n’ai pas vraiment de recette magique, si ce n’est que je fais beaucoup d’essais – et donc d’erreurs, cela fait partie du jeu. Je fais surtout en fonction de ce qui marche à mes yeux, et en fonction de ce qui me plaît.

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La chanteuse Amber Mark. (©Kanya Iwana)

"Créer un espace sûr pour les femmes"

Les femmes semblent véritablement au cœur de ta réflexion artistique, puisqu’elles constituent le principal sujet de tes photos. À quel point est-ce important pour toi de les mettre en avant ?

En vérité, je n’ai jamais eu l’intention de placer les femmes au cœur de mon travail. Mais je crois que, sans m’en rendre compte, au fil du temps, je suis parvenue à créer un espace sûr pour elles. Que je suis inconsciemment parvenue à mettre sur pied un endroit dans lequel elles ont le désir de venir, et de revenir. Les photographes masculins ont, à de trop nombreuses reprises, pris l’avantage sur le corps féminin ; je crois que les gens l’ont compris.

Ces femmes que tu mets en avant, elles sont de morphologie, de couleur et d’âge divers et variés. L’idée de diversité dans la représentation semble essentielle à ton travail…

Oui, elle l’est, pour la simple et bonne raison que c’est la bonne chose à faire. Je ne saurais comment l’expliquer autrement, en fait… Je veux dire, sans cette diversité, le monde serait tellement fade et insipide ! Alors, pourquoi la cacher ? Qui a envie que son travail soit, lui aussi, fade et insipide ?

As-tu l’impression qu’il y a encore aujourd’hui un manque de diversité dans le monde de la création ?

Oui, sur certains points. Par exemple, il y a encore un grand nombre d’émissions de télévision dans lesquelles aucun participant n’a ma couleur de peau. Ou alors, s’il y en a, ils n’ont pas de rôle important. Ou pire encore : ils deviennent "cette chose" de l’émission, un genre de phénomène. Mais ils ne devraient pas être "cette chose". Ils devraient juste être là, comme le reste des participants. Il y a encore énormément de travail à faire.

© Kanya Iwana

"Mon rêve ? Réaliser un clip pour Sia"

Parmi ces femmes que tu captures, il y a plusieurs chanteuses, dont Sabrina Claudio, Amber Mark et Noah Cyrus. Quel est ton rapport au monde de la musique ?

J’adore la musique ! Je suis moi-même chanteuse, en fait, et donc forcément, je suis très attirée par des artistes comme elles, qui sont des femmes fortes au cœur de cette industrie.

Justement, pourrais-tu m’en dire plus au sujet de Whoisthisfranky ?

Whoisthisfranky, c’est le nom de mon projet musical. Il est à vrai dire un peu en stand-by pour le moment, mais l’idée, c’est d’en faire un projet global, à 360 degrés, dans lequel je chanterai bien sûr mais dans lequel j’assurerai également toute la partie visuelle. C’est très excitant !

La chanteuse Sabrina Claudio. (© Kanya Iwana)

D’ailleurs, outre ton travail en tant que photographe, tu as également réalisé quelques clips et fashion films

Oui ! J’ai toujours voulu faire ça, réaliser des films. Mais cela coûte tellement d’argent… J’espère avoir l’occasion d’en faire davantage, et dans de bonnes conditions. Parce que c’est une expérience vraiment incroyable !

C’est quoi finalement, le projet de tes rêves ?

Mon rêve ? Réaliser un clip pour Sia dans lequel apparaîtrait Michelle Obama.

En attendant, quels sont tes plans pour l’année 2019 ?

Le boulot, le boulot et encore le boulot !

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Vous pouvez suivre le travail de Kanya Iwana sur son site personnel et son compte Instagram.

Par Naomi Clément, publié le 08/03/2019

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