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À Shanghai, les rues vidées par le coronavirus immortalisées par la photographe Nicoco

L'épidémie a vidé les rues de Shanghai et rempli d'anxiété le cœur de ses habitants.

À chaque Nouvel An, la ville de Shanghai (qui abrite plus de 24 millions de personnes) devient bouillonnante de monde. Les célébrations inondent la ville de monde et la photographe Nicoco évite habituellement de fréquenter les lieux particulièrement festifs et peuplés à ce moment-là. La récente épidémie du Covid-19 a cependant bouleversé la donne lors du passage à l’année du Rat de Métal.

Entre le 26 décembre 2019 et le 4 février 2020, l’artiste a parcouru la ville pour immortaliser le "vide apocalyptique" qui y sévit en ce moment :

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"Lors de mes excursions à Shanghai, tout ce que j’ai trouvé, c’était du vide rempli de peur. J’ai vu beaucoup d’isolation à Shanghai durant l’épidémie. Ce n’était pas tant que les personnes évitaient les lieux qu’elles pensaient trop peuplés, c’est qu’elles ne quittaient pas leur maison. Pendant mes plusieurs jours à vélo, à pied ou en métro, je n’ai quasiment vu que des agents d’entretien, de sécurité ou des caissiers", commente Nicoco.

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En menant son projet 一个人城市, One Person City, la photographe affirme avoir largement pris conscience du privilège de classe, puisque les seules personnes qui s’exposent au risque sont celles qui étaient le moins payées : "C’était vraiment sombre parce que je me suis aussi rendu compte que ces personnes étaient considérées comme plus chanceuses que celles qui n’étaient pas payées durant cette période ou qui s’étaient fait virer."

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"Tout ce que j’ai trouvé, c’était du vide rempli de peur"

Pour refléter le vide immense et inhabituel auquel elle était confrontée, la photographe a utilisé des plans larges qui figent l’immensité des lieux. La plupart du temps, elle a essayé d’intégrer au moins une personne dans ses images, afin de leur donner une notion d’échelle (et de rendre compte du fait que les lieux qu’elle photographiait accueillent habituellement des centaines de badauds).

Nicoco a immortalisé le vide physique de la ville ainsi que la sensation de vide des habitant·e·s, qui ont été "dépouillé·e·s de ce qui devrait être le moment le plus heureux de l’année".

"Ce devrait être un moment de retrouvailles familiales, de bienveillance. Au lieu de cela, les gens ont peur de tomber malades, que leurs proches tombent malades, qu’il y ait une pénurie de ressources, qu’ils perdent leur emploi."

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Les images de Nicoco paraissent sorties d’un tournage de film de science-fiction et font état d’intenses sentiments d’anxiété et de peur.

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Yuyuan, 2020. (© Nicoco)

Yuyuan, 2014. (© Nicoco)

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Vous pouvez retrouver le travail de Nicoco sur son site et sur son compte Instagram.

Par Lise Lanot, publié le 17/02/2020